Amorcée en 2019, la rénovation urbaine de la résidence des Fleurs, elle-même située dans la zone d’aménagement concertée (Zac) Saint-Louis, n’est pas de tout repos pour ses habitants. Entre des délais repoussés, une sécurité du chantier pointée du doigt, et l’insalubrité parfois constatée dans les logements, de nombreux sujets ont été remontés à la municipalité ces derniers mois.

Cette dernière a organisé un live Facebook le 18 juin afin de faire un point global sur l’avenir du quartier et annoncer des moments d’échanges à venir. Classée comme quartier en politique de la Ville, la résidence des Fleurs est un ensemble d’immeubles construits au début des années 1970 derrière l’hypermarché Leclerc Saint-Louis. Dans ce parc de 859 logements, où vivent quelque 3 000 ­Carriérois, un vaste plan de réhabilitation, mené par le bailleur CDC Habitat, est en cours et devrait se poursuivre jusqu’au début de l’année 2024.

Un postulat qui mérite, selon le maire, Eddie Aït (SE), « une attention particulière parce qu’il faut le dire aussi, 34 % de la population du quartier vit en dessous du seuil de pauvreté ». En engageant plus de 21 millions d’euros dans cette opération, visant à la fois à moderniser le parc de logements sociaux mais aussi à reconfigurer les espaces extérieurs, le bailleur souhaite ainsi redorer l’image du quartier de façon à mieux ­l’intégrer dans le paysage urbain.

« L’idée de ce programme, c’est d’avoir des bâtiments plus vertueux en terme d’isolation thermique, par l’extérieur d’abord en remplaçant les menuiseries extérieures et les volets roulants », détaille l’édile carriérois. Alors que ces travaux de réhabilitation sont encore en cours dans la plupart des immeubles, CDC habitat prévoit également de retourner les halls d’immeubles, jusque-là dirigés les uns en face des autres entre les allées piétonnes, vers la rue.

En engageant plus de 21 millions d’euros dans cette opération, visant à la fois à moderniser le parc de logements sociaux mais aussi à reconfigurer les espaces extérieurs, le bailleur souhaite ainsi redorer l’image du quartier.

De nombreux riverains ne semblent pourtant pas satisfaits de la qualité des travaux et de la communication du bailleur. « Mon plafond s’effrite depuis des années, depuis qu’ils [les ouvriers] ont refait la terrasse du toit, le bailleur a fait venir des personnes et depuis plus de nouvelles », commente par exemple Fanta. Interpellée à de nombreuses reprises sur ces problématiques la municipalité a mis en place une adresse mail spécifique pour les résidents : residencelesfleurs@carrieres-sous-poissy.fr.

« Cette réhabilitation, elle est mal vécue et elle n’est pas bien accompagnée, il faut le dire […] il n’y a pas assez d’échanges, rapporte notamment Eddie Aït. La période de confinement n’a rien arrangé en termes d’abandon de chantier, reprise de chantier, barrière de chantier par terre ou engins qui cassent la table de ping-pong, qui circulent à proximité des enfants. » Au cours de son live, le maire a annoncé qu’il visitera le chantier en fin de semaine pour effectuer un contrôle.

Selon l’édile, des « infractions caractérisées sur l’insalubrité » auraient également été relevées dans le quartier. « Les principales problématiques sont des moisissures, des isolations défaillantes, des odeurs nauséabondes, la présence de rongeurs et de punaises de lit », détaille-t-il. Pour tenter de faire renaître le dialogue, une réunion publique entre habitants, bailleur et Ville sera organisée à la fin du mois de septembre.

Une mutation globale du quartier

La rénovation urbaine du quartier des Fleurs s’inscrit également dans une vision à plus grande échelle de l’avenir de la Zac Saint-Louis, souhaitée par la Ville. Cette dernière ambitionne effectivement de rendre le secteur plus vivant et plus agréable à vivre en y implantant différents services. L’implantation de commerces au niveau de la rue Daniel ­Blervaque a ainsi été évoquée.

« Dans le cadre de cette rénovation urbaine, la mairie a souhaité avoir de nouveaux commerces […] avec l’installation d’une boulangerie et d’une nouvelle surface commerciale d’environ 200 m² », assure Eddie Aït. À la demande de la municipalité, un local de 80 m² devrait également sortir de terre pour accueillir « un local jeune ou un service public ».

De même, une salle située en face de l’école Surcouf qui est aujourd’hui murée, pourrait être réhabilitée pour y installer l’agence postale, une annexe de services municipaux de proximité ainsi qu’une annexe de la police municipale « pour qu’elles reviennent dans le quartier ».