De la détermination, la rameuse de 23 ans de l’Association sportive mantaise (ASM), Claire Bové, en a à revendre. Du 9 au 11 avril dernier, elle avait décroché seule la médaille de bronze lors du championnat d’Europe, à Varèze, en Italie, après la blessure de sa partenaire grenobloise, Laura Tarantola. Ensemble, du 30 avril au 2 mai, à Zagreb, en Croatie, elles ont remporté la première place du deux de couple poids léger de la Coupe du monde avant de terminer à la troisième place lors de la deuxième étape de cette ­compétition à Lucerne, en Suisse.

Alors que les Jeux Olympiques de Tokyo se tiendront du 23 juillet au 8 août, les épreuves d’aviron dans la catégorie de Claire Bové sont attendues du 24 au 29 juillet. Pour sa première participation à la compétition, Claire Bové espère monter sur le podium. « Pour moi, on ne part jamais sur une course en ayant l’intention de la perdre. Pour l’instant, c’est vrai qu’on a fait plutôt des bons résultats sur cette période 2021, même en 2020 sur les quelques compétitions qu’on a faites [et] 2019 aussi. Donc, voilà, pour moi, on a nos armes pour se battre dans la catégorie des filles contre lesquelles on sera alignées », confie-t-elle le 17 juin.

Pour cela, la jeune rameuse s’entraîne durement. « Une journée type d’entraînement, par exemple, ce sera pour moi lever à 6 h 30 pour être sur l’eau à 7 h puis un entraînement de deux heures avec une intensité variable selon les jours […]. Enfin j’ai cours à partir de 10 h jusqu’à midi ou jusqu’à 15 h et ensuite j’ai de nouveau entraînement l’après-midi, généralement vers 16 h 30-17 h. Cela c’est quand je ne suis pas en stage et que je suis à la fac », précise Claire Bové qui est également étudiante en deuxième année de kinésithérapie à l’université Lyon 1. En stage terminal avec l’équipe de France, son emploi du temps est cependant différent car en plus des entraînements le matin jusqu’à 10 h 30, elle recommence la pratique de l’aviron de 15 h 30 à 18 h et bénéficie également d’une ­préparation mentale.

Sur le report des Jeux Olympiques de 2020 à 2021 en raison du contexte sanitaire lié à l’épidémie de Covid-19, Claire Bové affirme que cela ne l’a « pas trop perturbée ». « Sur le coup, je me suis dit « chouette, cela nous fait un an de plus pour s’entraîner avec ma coéquipière, donc un an de plus pour être plus forte », déclare-t-elle en précisant néanmoins avoir eu une inquiétude sur le maintien cette année de la compétition. « C’est vrai que j’ai eu peur que cela soit annulé. La vie d’un athlète de haut niveau n’est pas facile et s’entraîner tout le temps autant pour arriver aux Jeux Olympiques c’est dur. C’est là où j’ai pris conscience qu’en fait, les Jeux c’est tous les quatre ans et que c’est vraiment long en fait. Je me suis dit « si c’est annulé, c’est vraiment triste » », confie-t-elle.

En ce qui concerne les restrictions sanitaires entourant les Jeux Olympiques à Tokyo, Claire Bové affirme que le ressenti de la compétition sera sans doute différent. « Au niveau [de l’absence] du public, moi, pour l’instant, je n’ai pas connu des vrais Jeux donc je ne peux pas en parler mais c’est vrai que, dans l’équipe de France, il y a beaucoup de personnes qui ont fait les Jeux, qui nous en parlent et c’est un partage d’expérience énorme, détaille-t-elle. Cette année, il n’y aura pas de mélange des sports, de mélange des nations où on pourr[ait] tous se parler les uns les autres, aller voir les disciplines […]. Finalement, là, ce sera plus comme un championnat du monde où chacun a sa discipline. »

Pour conserver son enthousiasme, la rameuse conclut néanmoins sur cette note : « Je compte sur 2024 pour me rattraper et vivre des vrais Jeux si un jour cela redevient normal. J’espère en tout cas qu’il y aura 2024 pour faire des vrais Jeux. Je me rassure en me disant que ceux-là (ceux de Tokyo, Ndlr) seront uniques et qu’il n’y aura certainement que ceux-là qui vont se vivre [ainsi]. »

La communauté urbaine soutient ses athlètes

Un geste pour les sportifs des Jeux Olympiques. À l’issue du conseil du 6 juillet dernier, la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO) a indiqué qu’elle attribuait « 5 000 euros par sportif » pour faciliter leur préparation.

« Participer aux Jeux Olympiques est souvent le couronnement d’une carrière sportive pour l’athlète bien sûr mais aussi pour son club, sa ville, son territoire. Il est légitime que notre communauté urbaine donne un coup de pouce à ces champions qui feront rayonner Grand Paris Seine et Oise à l’échelle de la planète ! », déclare le président de GPSEO et maire de Mantes-la-Jolie, Raphaël Cognet (LR) via un communiqué de presse de la communauté urbaine du 8 juillet. En plus de la rameuse Claire Bové licenciée à l’Association sportive mantaise, le communiqué parle des triathlètes pisciacais Cassandre Beaugrand, Léonie Periault et Dorian Coninx.

Crédits photo : VINCENT BOVÉ