Lors du dernier conseil municipal, le 12 juillet, les élus carriérois ont voté à la majorité pour réinstaurer une exonération de la taxe foncière pour les acquéreurs d’un logement neuf pendant deux ans. Ce dispositif fait son retour dans la commune après avoir été supprimé en 2015 par l’ancienne municipalité.

L’évolution de la législation depuis l’abandon de la taxe habitation permet en effet aux communes de réajuster leur fiscalité locale. Ainsi, à Carrières-sous-Poissy, les propriétaires de nouvelles constructions bénéficieront d’une exonération à hauteur de 50 % du montant maximal de la base imposable. Selon le maire, Eddie Aït (SE), ce pourcentage pourra être réévalué annuellement « au regard des recettes, de l’exécution budgétaire et des marches de manœuvres [de la commune] ».

Pour l’édile, il s’agit là « de redonner un élément d’attractivité » à la Ville, intégrée depuis plusieurs années dans une importante opération d’urbanisme et « de faciliter l’accès à la propriété des Carriérois ». L’édile carriérois justifie également cette mesure par « la concurrence territoriale entre communes », la ville étant connue pour ses taxes élevées. Dans un communiqué de presse publié le 15 juillet, il estime que pour des logements neufs construits dans le cadre de la zone d’aménagement concertée (Zac) Centralité, les propriétaires pourraient économiser entre « 155 euros » pour un appartement type T2 et « 300 euros » pour une maison de type T4.

Selon le maire, Eddie Aït (SE), ce pourcentage de 50 % pourra être réévalué annuellement « au regard des recettes, de l’exécution budgétaire et des marches de manœuvres [de la commune] ».

Un argumentaire qui n’a pas convaincu l’équipe d’opposition de l’ancien maire DVD, Christophe Delrieu, qui a voté contre la mesure. « C’est une aberration », ponctue ce dernier même s’il ne s’était pas exprimé lors du débat municipal. À l’origine de la suppression de cette exonération fiscale dans la commune en 2015, Christophe Delrieu souhaitait alors utiliser ces fonds pour renforcer l’investissement de la commune.

« Nous, on avait supprimé cette exonération parce que lorsque nous sommes en opération d’intérêt national (OIN), on construit à peu près 3 500 logements et ça demande un haut niveau d’équipements et donc des masses financières importantes, explique l’ancien maire. C’est complètement un manque d’équité et de solidarité que d’exonérer les personnes qui sont en train d’arriver dans la commune alors que c’est leur arrivée qui nécessite de nouveaux équipements et donc de faire supporter le coût des nouveaux équipements uniquement auprès des anciens habitants. »