Une fin de semaine noire pour les usines automobiles de vallée de Seine. Entre jeudi 2 et vendredi 3 septembre, les lignes de production du groupe Stellantis (issu de la fusion des groupes Fiat Chrysler Automobiles et PSA, Ndlr) à Poissy, ainsi que celles du site Renault-Flins ont consécutivement été mises à l’arrêt.

En cause, un approvisionnement impossible en semi-conducteurs, un composant électronique essentiellement fabriqué en Asie et présent dans l’ordinateur de bord de la voiture. Suite aux annonces des deux constructeurs, plaçant les salariés sous le régime du chômage, les syndicats s’inquiètent des perspectives de reprise plutôt floues.

Selon Ali Kaya, secrétaire de la CGT de Renault-Flins où la production a été suspendue entre vendredi 3 et mardi 7 septembre, la crise sanitaire en serait pour beaucoup : « Visiblement, la pandémie aurait bien repris dans ces zones-là ce qui a engendré pas mal de fermetures dans les usines qui fabriquent les puces. »

« Là, on est vraiment dans l’expectative la plus totale », souffle Brahim Aït Athmane, secrétaire de Force ouvrière à l’usine de Poissy où un comité social économique exceptionnel s’est tenu lundi 30 août en amont de la fermeture des lignes de production le jeudi matin. Jusque-là, le site Pisciacais était plutôt « protégé » par rapport au reste du groupe. « Dans la mesure où, à Poissy, derrière chaque voiture il y a forcément un client, nous, la direction centrale a cherché par tous les moyens [à] trouver des pièces pour qu’on continue à produire, explique le secrétaire FO. Malheureusement, les pièces n’ont pas pu être trouvées en temps et en heure. »

Dans les deux usines, un accord a été trouvé avec la direction pour rémunérer les salariés à hauteur de 84 % de leur salaire net contre les 60 % prévus par la loi. Sachant que la somme restante est soustraite des jours de congé, Ali Kaya s’inquiète « que la plupart d’entre nous commencent à être dans le rouge au niveau des congés puisqu’on a déjà pas mal chômé durant l’été ».

Si à Poissy les salariés ont repris le chemin de l’usine ce lundi 6 septembre, à Flins-sur-Seine un numéro vert doit être mis en place mardi 7 septembre pour informer les ouvriers sur les perspectives de reprise. « Au niveau du groupe, il y a une task force qui essaye de répartir au mieux les pièces manquantes, détaille la direction du site yvelinois. Si on a des pièces on fabrique, si on n’en a pas on ne fabrique pas. »