« C’était improbable. » Quand Michel Ravoisier, officier de la marine nationale et enseignant pour la formation préparatoire aux plongeurs de la marine nationale au lycée professionnel conflanais Simone Weil, s’est mis à la recherche d’un hébergement pour accueillir ses élèves, il ne s’attendait pas à ce que le chantier naval d’Achères lui fasse don de la péniche Vauban qui nécessite cependant environ « 100 000 euros » de réparation et d’aménagement.

Datée de 1965, elle servait initialement au transport du charbon avant d’être transformée en 2017 en bureaux immobiliers mais un incendie l’avait cependant rendue inutilisable. Le 25 juin, durant une visite de chantier, l’enseignant espère cependant que la péniche soit opérationnelle d’ici « fin septembre » pour les 12 élèves post-baccalauréat, garçons et filles, qui y seront logés.

« Mes élèves sont en internat à Conflans-Sainte-Honorine au lycée Simone Weil. Le problème c’est que l’internat est fermé le week-end depuis trois ans. Moi, mes élèves viennent de toute la France donc ils se retrouvent dehors tous les week-ends », explique Michel Ravoisier de la nécessité d’héberger les élèves sur la péniche. « Comme ils sont militaires, on avait trouvé une solution à travers les casernes de la région […] mais comme l’opération Sentinelle a été renforcée, ils ne sont pas prioritaires », ­ajoute-t-il des difficultés rencontrées par les élèves.

Avec l’aménagement de la péniche Vauban, les jeunes militaires seront hébergés « sept jours sur sept » et les déjeuners et dîners se prendront au lycée. Selon l’enseignant, les élèves actuellement en fonction se réjouissent à l’idée de savoir que des futurs militaires en formation y seront hébergés. « Quand je leur ai expliqué le projet, ils m’ont dit « est-ce-qu’on peut faire quelque chose ? » Ce sont des gens qui sont volontaires […]. C’est dans l’esprit de la marine nationale », affirme Michel Ravoisier.

Alors que les élèves actuels ont aidé à l’aménagement, l’entretien courant du bateau sera néanmoins à la charge des futurs militaires qui y seront hébergés et qui ont d’ores et déjà été sélectionnés par l’enseignant. La péniche sera, elle, amarrée au niveau du port Saint-Nicolas. Bien que Michel Ravoisier déclare être soutenu par la Ville, il affirme le 25 juin ne pas encore savoir le coût d’amarrage. Pour vivre dans la péniche, les élèves débourseront environ « 200 euros par mois et ce sera financé en partie par la marine ­nationale ».