« Aujourd’hui on était à deux pas de la gare Eole avec une très belle friche industrielle mais elle ne pouvait pas rester comme cela. » Le maire, Gilles Lécole (LR), ne cache pas sa joie quand il s’agit d’évoquer la création d’un nouveau quartier, baptisé Les jardins de la halle, à proximité de la gare. Porté par l’opérateur immobilier Briqueville, le projet sortira de terre en 2024.

Il comprend la transformation de l’ancienne cimenterie Landuyt, située 21 avenue Charles de Gaulle, en deux commerces et la création de 211 logements dans ce secteur. Le 4 octobre, lors d’une réunion publique sur la présentation de ce projet, les habitants se sont montrés plus sceptiques que l’édile. Leurs craintes concernaient tant la faible venue des commerces que les ­éventuels ­problèmes liés à la ­circulation.

« Le projet, je n’en vois pas l’intérêt. On est submergé par la circulation et on rajoute des logements. Ça construit de partout ! », s’exclame, en aparté, Franck, un riverain vivant à l’intersection entre l’avenue Charles de Gaulle et l’impasse des Hautes beauces. Le projet immobilier prévoit effectivement la construction de neuf maisons individuelles, 55 logements collectifs, 57 logements intermédiaires et 90 logements en résidence senior.

Devant ces chiffres, un habitant s’inquiète alors du nombre de places de stationnement. « La loi nous impose 138 places de parking et nous en affichons 249 ce qui est bien loin de ce qui est préconisé par la loi du PLUI dans les zones de gares », rétorque Gilles Lécole tandis que Lorraine Robin-Schmidt, responsable de développement chez Briqueville, assure que « 95 % » des places qui seront créées seront « en sous-sol ».

Quant à la venue de seulement deux commerces dans l’ancienne cimenterie Landuyt et que les habitants déplorent, Gilles Lécole insiste : « Il faut déjà essayer de les faire venir les commerces parce que, pour avoir des commerces, il faut des clients. » Pour les accueillir, la façade de l’ancienne cimenterie sera refaite. Sa déconstruction est attendue au ­premier trimestre 2022.

« Des études de structures ont montré qu’on ne pouvait pas garder [la façade] en l’état […], explique Lorraine Robin-Schmidt. On vient reconstruire la façade quasiment à l’identique mais cela ne sera pas la façade initiale. » Le coût total de l’opération, privée, n’a pas été communiqué.