Il est un peu plus de 17 h ce samedi 9 octobre, lorsque les premiers coups de sifflets retentissent le long de la route Centrale, au milieu des différents bâtiments du Syndicat interdépartemental d’assainissement de l’agglomération parisienne (Siaap) et les habitations. Un peu plus d’une dizaine de policiers du commissariat de Saint-Germain-en-Laye ont effectué une opération de contrôle routier. Ciblée, celle-ci visait surtout à interpeller les auteurs de rodéos urbains mais aussi les utilitaires servant au transport des moto-cross.

« C’est un terrain propice parce que c’est une ligne droite, très peu fréquentée, on n’est pas en zone urbaine, c’est un peu comme la plaine de Montesson, c’est des longues lignes droites », relève la commissaire Gabrielle Thouy, cheffe de la circonscription. D’autant plus lorsque la météo est au beau fixe. « On prévoit nos opérations à l’avance dans la semaine, on en fait environ deux par mois le week-end, poursuit-elle. […] Après il y a tout le travail sur appel. Quand on nous appelle dans un secteur urbain pour nous dire il y a un rodéo en face de chez moi on met un point d’honneur à intervenir systématiquement. » Une conductrice contrôlée en profite : « Vous êtes au courant qu’il y a deux motos un peu plus loin au stop ? »

Depuis la loi du 3 août 2018, le rodéo urbain constitue en effet un délit caractérisé par la vitesse, les manœuvres répétées, les nuisances sonores ou encore la mise en danger des autres usagers de la route. « La loi actuelle est déjà très satisfaisante. Ce qui est très utile dans ce type d’intervention c’est de pouvoir filmer si on ne peut pas intervenir, pour caractériser l’infraction, appuie la commissaire. […] J’ai déjà fait des procédures sur la base d’une vidéoprotection où on voyait bien le conducteur, il a été déféré, la moto confisquée. »

Un usage qui devrait être amplifié dans les mois à venir. Présente sur les lieux, la députée de la sixième circonscription, Natalia Pouzyreff (LREM), a été rapporteur du projet de loi sur les rodéos sauvages et a produit au début du mois de septembre un rapport d’évaluation de la loi à trois ans. « Ce qu’on a préconisé c’est il faut cumuler tous les moyens, détaille la parlementaire. […] On a préconisé une utilisation intensive de la vidéo donc on se félicite déjà qu’il y ait plus de caméras piétons, qui permettent d’accumuler des preuves, mais aussi on a préconisé des caméras en ­panoramique sur les véhicules. »

La députée souhaite également agir sur l’identification des différents deux-roues afin de faciliter leur confiscation voire leur destruction. « Si le véhicule n’est pas enregistré et a servi à un rodéo, il y a destruction immédiate, pas besoin de passer par la justice, ça c’est dans la loi (qui doit encore être votée par le Sénat, Ndlr), poursuit-elle. Si le véhicule est inscrit, mais n’est pas récupéré, avant il y avait 15 jours pour le récupérer, et bien là le délai est réduit à sept jours avant destruction. » Un policier explique également à la parlementaire pourquoi les utilitaires peuvent être ciblés : « Ils les louent auprès de sociétés pour transporter les moto-cross qui ne sont pas plaquées. Mais quand ils louent, ils ne précisent pas pourquoi. » La piste de réflexion semble intéressante pour Natalia Pouzyreff : « Il faudrait voir comment la responsabilité des loueurs peut être engagée. »