Comme souvent dans les affaires traitant de violences conjugales, les deux versions apportées par le couple au tribunal correctionnel de Versailles ce jeudi 7 octobre, différaient en de nombreux points. D’un côté, celle d’une épouse racontant les excès de violence récurrents de son mari à son encontre depuis que ce dernier était tombé dans la drogue, et de l’autre, celle du prévenu avouant des coups très occasionnels lors de disputes conjugales. La justice a tranché en condamnant le Mantais à purger une peine de 18 mois de prison dont six avec sursis.

Âgé de 33 ans, ce père de famille comparaissait devant le tribunal pour plusieurs délits en rapport avec sa consommation de cocaïne et des épisodes de violence sur sa conjointe depuis le mois de mars 2020. Le prévenu reconnaissant sans problème son addiction à la drogue, c’est sur les faits de violences ­conjugales que s’est concentrée l’audience. À l’origine, le trentenaire avait été interpellé à son lieu de résidence, chez la tante de sa femme, après que la police ait été alertée par un voisin lors d’une énième dispute du couple. « Les policiers ont constaté des bleus sur le corps de madame qui leur a remis un pochon de poudre de cocaïne dont use son conjoint, rapporte le juge. Elle relate également des violences habituelles depuis un an. »

Durant l’audience, le juge citera de nombreux certificats médicaux fournis par la victime, faisant état de plaies, bleus et traumatismes en tous genres. Si de prime abord cette mère d’une petite fille de deux ans indique que ce dernier était « un mari aimant et un bon père », elle précise que « c’est quand il est en manque qu’il devient méchant et violent ». « Ça ne fait qu’empirer. Au début c’était juste une claque […]. La dernière fois il m’a frappé la tête contre la porte et m’a donné des coups avec un rouleau à pâtisserie […]. Il me mettait la main sur la bouche pour m’empêcher de crier », raconte-t-elle en larmes. Selon ses dires, les violences s’étaient d’ailleurs accentuées depuis qu’elle avait eu le courage de faire un signalement à la gendarmerie.

Sans être très loquace devant le tribunal, le prévenu, lui, nie ces passages à tabac venant même jusqu’à dire que son couple « ne va pas si mal ». S’il avouera avoir adressé une claque à sa compagne en mars 2020, il maintiendra que lors de l’épisode du rouleau à pâtisserie il s’agissait « d’une crise d’hystérie » de sa femme qui l’aurait aussi frappé avec ce même ustensile. Le tribunal a suivi les réquisitions de la procureure en ordonnant un maintien en détention pour la partie ferme de la peine et une interdiction de rentrer en contact avec la victime.