« On est vraiment maintenant dans la phase finale », lance le maire conflanais, Laurent Brosse (DVD), pour évoquer l’important projet de rénovation visant à transformer le visage du quartier Paul Brard et dont les premiers travaux seront engagés prochainement. Après plusieurs années d’affinage entre la municipalité et le bailleur social des Résidences Yvelines-Essonne, les différentes opérations, incluant démolition, réhabilitations de logements et constructions nouvelles, ont été présentées aux riverains fin ­septembre.

Au total, plus de 50 personnes, essentiellement des propriétaires voisins du projet, ont assisté à cette réunion publique organisée à la maison de quartier Chennevières. Si certains ajustements apportés au projet initial, lancé en 2015, semblent les rassurer, les habitants déplorent cependant la densification de leur quartier.

L’opération, d’un coût total de 40 millions d’euros, commencera d’ailleurs par un point qui inquiétait les Conflanais lors des premières réunions consacrées au projet : la démolition de l’arche, le bâtiment emblématique qui enjambe l’avenue Paul Brard. Depuis, l’immeuble qui abritait 51 familles s’est presque entièrement vidé de ses habitants. « On est en train de terminer le relogement, il ne reste que trois familles qui vont être relogées dans le courant du mois d’octobre », précise Laurent Brosse fin septembre. Les travaux de démolition commenceront au début de l’année 2022 une fois les entreprises désignées.

« L’Arche créait une scission entre les parties Nord et Sud, l’idée étant de recréer une entrée au quartier », explique de la direction prise, l’architecte du projet. Et pour ce faire, le bailleur prévoit d’aménager deux placettes de manière à ouvrir la résidence sur l’espace public et permettre un accès aux nouveaux locaux commerciaux.

« Je suppose que l’avenue va être coupée, alors comment on va gérer la circulation pendant les travaux et combien de temps ça va durer ? », interroge un habitant inquiet du report de circulation dans les rues adjacentes. En réponse, Les Résidences Yvelines-Essonne indique que l’arche sera écrêtée progressivement jusqu’au troisième étage avant le gros de l’opération de démolition et précise que la rue sera ensuite neutralisée pendant « trois mois, voire moins ».

Dans le même temps, le bailleur débutera la réhabilitation de 88 logements vétustes situés dans les immeubles adjacents. Avec le promoteur Cogedim, il lancera également la construction de 111 logements, sociaux, en accession sociale et en accession à la propriété, soit deux de moins que l’ambition initiale. L’ensemble des opérations devrait être finalisé à l’horizon 2024.

Une diminution trop faible au goût d’un représentant du collectif des riverains Paul Brard. « Nous constatons que notre opposition sur ce projet, trop dense, trop haut, trop près et trop violent, n’a pas été prise en compte comme elle l’aurait dû », déplore Philippe Rolland. Si le collectif de riverains semble satisfait des choix architecturaux retenus et de la disparition, dans les plans, d’un immeuble de douze logements au profit de huit maisons individuelles, les habitants restent inquiets de la densité du projet.

« Le bâtiment C, de dix logements sur un étage, est passé à deux fois douze logements avec deux étages, c’est inacceptable », prend pour exemple Philippe Rolland en précisant que la maison d’une propriétaire du collectif se retrouverait encerclée par les nouveaux immeubles. S’il reconnaît les nuisances pour ce cas précis, Laurent Brosse note aussi que les nouvelles constructions seront composées au maximum de quatre étages contre les neuf de l’arche à démolir.

« Nous avons essayé avec le bailleur et le promoteur Cogedim de faire le maximum pour qu’il y ait le minimum d’impacts pour les habitations aux alentours […]. Les distances entre les bâtiments sont conformes à ce qui est prévu par le plan local d’urbanisme intercommunal, les hauteurs sont conformes », assure l’édile.

Alors que la question de la sécurité a de nouveau été abordée, ce dernier a admis que la situation continuait à se dégrader dans ce secteur malgré quelques améliorations dues à la vidéosurveillance. « On a aujourd’hui ces espaces constitués de parkings très confidentiels avec une absence totale de visibilité qui tend à favoriser les regroupements, les trafics en tous genres, rappelle-t-il en assurant que le projet a également été réfléchi pour répondre à cette problématique. On a prévu de créer des vues sur ces lieux-là et des passages privatifs réservés ­exclusivement aux ­habitants. »