Sur Instagram, il n’est pas rare de voir des influenceurs, en partenariat avec des marques ou des offices de tourisme, promouvoir des produits ou des destinations touristiques. Il est en revanche moins commun qu’ils évoquent l’action directe des collectivités. C’est dans ce créneau que le Département a choisi de s’engouffrer en faisant appel à huit influenceurs, exclusivement yvelinois, ­rassemblés sous la bannière #Team78.

Lancé depuis le mois de juillet, et en expérimentation jusqu’au printemps, ce programme vise ainsi à faire connaître les actions du conseil départemental en matière culturelle, environnementale, mais aussi de santé. « C’était un levier de communication qu’on n’avait pas exploité jusque-là, justifie Amélie Bailleau, chargée de projet au Département, et faisant partie du groupe-projet avec huit autres salariés. Et ce qu’on trouvait intéressant dans la démarche que nous a proposé Papagayo, c’était le fait qu’on avait la possibilité de demander à des Yvelinois de parler aux Yvelinois.

Pour ce faire, la collectivité a fait appel à l’agence Papagayo Communication, qui avait notamment oeuvré à faire connaître les commerçants yvelinois durant le confinement via le Club 78. « Pendant la crise sanitaire, à la deuxième vague, il y a un an, j’avais pris l’initiative de créer un rassemblement d’influenceurs pour aider les commerces de proximité à communiquer sur les réseaux sociaux et leur donner de la visibilité, parce que beaucoup de commerces dans les Yvelines n’étaient pas forcément digitalisés, n’étaient pas forcément sur les réseaux sociaux », explique Carine Arasa Migeon, fondatrice de l’agence.

Les attentes du Département via le programme #Team78 sont ainsi « de médiatiser via l’influence les actions du Département », relève la fondatrice de Papagayo Communication, comme par exemple la protection des espaces naturels sensibles lors d’une balade en vélo en vallée de Chevreuse, ou encore via un road-trip en 2 CV sur les traces du cinéma dans le département, via la 10e édition de Les Yvelines font leur cinéma.

Les attentes du Département via le programme #Team78 sont ainsi « de médiatiser via l’influence les actions du Département », par exemple via un road-trip en 2 CV sur les traces du cinéma dans le département, via la 10e édition de Les Yvelines font leur cinéma.

Huit influenceurs ont été retenus par les deux porteurs de projets. « On voulait que #Team78 s’adresse à tous les Yvelinois, donc le maillage territorial était très important, souligne Carine Arasa Migeon. Ensuite ce qui vient dans un deuxième temps quand on fait un recrutement, c’est forcément la taille de la communauté, est-ce que c’est une communauté aussi qui s’est construite dans les Yvelines ou non, ça c’était important. […] On voulait vraiment des personnes qui avaient déjà sensibilisé leur communauté au département et qu’on savait du coup de facto que leur audience était aussi plus orientée Yvelines. »

« Au-delà de la médiatisation […], l’idée c’était aussi de démocratiser l’institution conseil départemental des Yvelines, poursuit Amélie Bailleau. Je pense qu’aujourd’hui, si tu fais un micro-trottoir dans les rues, je pense qu’il y a assez peu de monde qui est capable de te dire avec précision les différents champs d’intervention et les différents champs de compétences d’un conseil départemental. »

La prochaine action sera centrée autour de la protection maternelle infantile (PMI). « Je pense qu’il y a assez peu de gens qui se diront la PMI c’est une compétence départementale, en plus il y a beaucoup d’idées reçues autour de la PMI, estime Amélie Bailleau. L’idée en travaillant avec des influenceurs qui vivent sur le département des Yvelines et qui donc sont amenés dans leur quotidien, pas en tant qu’influenceurs, en tant qu’Yvelinois tout simplement, à se saisir de services qui sont gérés par le Département […] c’est qu’ils deviennent les porte-paroles des différentes actions portées par le Département. »

Pour autant, le contenu proposé sera adapté à la ligne éditoriale des huit influenceurs appartenant à la #Team78. « Chaque influenceur ne va pas communiquer de la même manière, par exemple il y a un influenceur qui va peut-être parler plus de l’histoire de la PMI, un autre influenceur qui va peut-être parler plus d’un service prévention de la PMI, prévient Carine Arasa Migeon. Chaque influenceur a sa manière de parler, et ça nous on y fait très attention parce que […] les influenceurs ne sont pas des ­panneaux ­publicitaires. »

Crédits photo article : LILIA EL GOLLI