Il ne s’agit pas d’un marathon à proprement dit mais qu’importe. Aux yeux de Bahran El Fakhar, responsable de l’association des conditions de vie dans la zone d’aménagement concertée de La Noé (ACVL), à Chanteloup-les-Vignes, la distance parcourue, le 6 octobre, au marathon de la Noé était loin d’être le principal objectif. Ce jour-là, devant le local de l’association, 16 jeunes chantelouvais, répartis en deux équipes se sont affrontés sur tapis de course lors d’une épreuve de relais de dix kilomètres. Ils étaient assistés par la triple championne de France du 10  000 mètres, Mekdes Woldu, et du vice-champion du monde 2015 du 800 mètres master, Mohamed El Fakhar. Pour le responsable de l’ACVL, la présence de ces athlètes permettait à la fois de prodiguer aux jeunes quelques conseils en course à pied mais aussi de les inciter à pratiquer une activité physique régulière.

« Malheureusement, [après le premier confinement en mars 2020], on a vu des prises de poids conséquentes chez certains enfants et, au-delà même du poids, un mal-être lié au manque d’activité », se remémore Bahran El Fakhar des raisons l’ayant conduit à imaginer la tenue du marathon de la Noé avant d’ajouter : « Moi je reste convaincu qu’il y a une grande part de plaisir dans cette activité physique-là, mais il faut peut-être les initier, leur donner une petite impulsion. Nous ce qu’on a envie de faire c’est de leur donner des outils pour que seuls, les jeunes arrivent à s’entretenir et les orienter vers la nécessité d’avoir une bonne alimentation, vers un bien-être général parce que, de toute façon, c’est cela l’idée [de ­l’événement] ».

Le marathon de la Noé semble, en tout cas avoir suscité un vif intérêt chez les jeunes participants. D’après le responsable de l’ACVL, toutes les demandes de participation n’ont effectivement pas pu être acceptées. Alors que les jeunes présents ce jour-là disent apprécier la course à pied, beaucoup d’entre eux reconnaissent cependant ne pas avoir forcément pratiqué ce sport durant les confinements successifs. « C’était dur, on ne pouvait pas sortir. Je n’ai pas aimé les confinements », déclare Amine, un chantelouvais de 11 ans qui se réjouit de la présence d’athlètes de haut niveau.

Ces derniers ont d’ailleurs profité de leur venue à l’événement pour tenter de faire comprendre aux enfants l’importance des échauffements et de la posture pour éviter les risques de blessures. « En une seule séance, on ne peut pas tout transmettre mais on peut, au moins, donner quelques repères aux jeunes quand ils commencent à faire du sport […], pour qu’ils puissent un peu comprendre comment on peut aborder le sport sans se blesser », affirme Mohamed El Fakhar.

« Les gens pensent aussi qu’ils ne peuvent progresser qu’en courant mais ce n’est pas que cela, en fait, complète Mekdes Woldu. Il y a aussi le travail à côté avec la musculation. » Les participants à l’événement ainsi que les membres de l’ACVL pourront notamment profiter des deux tapis de course utilisés lors du marathon de la Noé puisque l’association les a achetés pour un coût total de 900 euros. « Neuf cents euros, pour nous, c’est un sacré budget sauf que comme […] il va servir à beaucoup de monde, je me suis engagé à faire cette dépense-là », explique Bahran El Fakhar en imaginant notamment des actions pouvant être menées auprès des mères du quartier pour l’animer. Il insiste néanmoins sur le fait que l’ACVL ne se transformera pas en « salle de sport » et que l’usage de ces tapis sera ponctuel.

Quoi qu’il en soit, alors que la tenue du marathon de la Noé n’a pas permis de réunir l’ensemble des partenaires, Bahran El Fakhar compte bien réitérer l’événement. Pour récompenser tous les jeunes participants, l’ACVL leur a offert une visite au parc des Princes. « On va aller dans les vestiaires, on va aller sur le terrain, on va aller dans la salle des trophées, on aura accès aux maillots des joueurs […], détaille le responsable de l’association. C’est vraiment une belle sortie à la clé. »