« Nous sommes délaissés, aussi bien [rue] de la Vallée des prés que chemin du Vivier. » Ce ras-le-bol des inondations rapides liées aux fortes pluies n’est pas nouveau pour les habitants concernés. Régulièrement interpellé sur ce problème, le maire, Pierre-Yves Dumoulin (LR), a donc autorisé la réalisation d’études visant à comprendre l’origine du problème afin de trouver des solutions adaptées. Ces dernières ont été présentées aux habitants lors d’une réunion publique organisée fin septembre par la Ville et le syndicat mixte Seine Ouest (SMSO) chargé de la gestion des milieux aquatiques et de la ­prévention des inondations.

Bien que les causes de ces inondations diffèrent entre les deux secteurs, les réponses apportées aux problèmes des habitants sont, dans les deux cas, organisées en deux temps. « Vous allez avoir deux réponses qui vont vous être apportées : une réponse d’urgence qui va être faite dans les semaines à venir […] et après il va y avoir un traitement de fond qui va avoir lieu dans les années à venir », explique d’emblée l’édile en précisant que les travaux à long termes seront notamment calés sur les travaux d’extension de l’école des Baronnes dont le chantier ne devrait pas s’achever avant la rentrée scolaire 2023.

Pour la directrice des services techniques du SMSO, Daniela Calvar, les travaux de fond sont plus longs à réaliser car ils demandent davantage d’autorisations et traiteront plus de volumes d’eau. Ils correspondent à la création de bassins de rétention en amont des lieux habités. « Ce qu’on va faire ce sont des espèces de petits bassins qui stockent l’eau. Ce sont comme des bassines », déclare-t-elle en insistant sur le « rôle de tampon » de ces bassins qui permettent d’éviter une arrivée d’eau trop brutale et trop importante dans les chemins habités inondables.

Alors que plusieurs habitants s’interrogent sur la forme que prendront ces bassins, Daniela Calvar se veut rassurante. Selon elles, ces bassins seront créés de manière à permettre un développement de la biodiversité tout en respectant la topographie naturelle du lieu. « On ne va pas imposer [à l’eau] de gros ouvrages pour la stocker, on la met juste dans un endroit où on ne veut pas avoir des dommages sur vos ­habitations », affirme-t-elle.

Selon la directrice des services techniques du syndicat mixte Seine Ouest (SMSO), Daniela Calvar, les inondations recensées rue de la Vallée des prés proviendraient de mares forestières « plus ou moins entretenues aujourd’hui ». Le tracé de ruissellement de l’eau enjambe l’autoroute par le pont en amont de la rue.

Cette volonté de respecter la topographie naturelle du lieu s’illustre dans les travaux à plus court terme visant à pallier au maximum les risques d’inondations. Selon Daniela Calvar, ils débuteront « fin d’année, début de l’année prochaine » sur une période d’environ « trois mois ». Mais, contrairement à ce que pouvaient penser plusieurs Rosnéens présents à la réunion, le curage des fossés en bord de chemin n’est pas la solution rapide la plus durable à envisager. « C’est facile de venir avec un bulldozer quand il y a un orage, lance Pierre-Yves Dumoulin. On le fait, après il y a du laisser-aller, on oublie, on ne vient plus et après vous vous retrouvez, au bout de 40 ans, avec les mêmes sujets […]. Là, il y a enfin une étude sérieuse. »

« Curer le fossé, cela ne va être suffisant », poursuit Daniela Calvar qui envisage d’installer une grille au niveau de l’entrée du réseau d’eau pluvial, chemin du Vivier, pour filtrer les sédiments et obstacles pouvant l’obstruer et dont certains sont issus de l’autoroute 13. Des barrages en amont du chemin seront aussi créés pour stocker l’eau de façon provisoire. « On envisage des petits barrages qui sont en travers du fond de la vallée, ils font un mètre, 1m 50, mais c’est une succession, il va y en avoir plusieurs, c’est comme une cascade. Cela va permettre à l’eau de se stocker temporairement, déposer toute la partie grossière [et] il y a une terre qui va s’infiltrer », déclare-t-elle en insistant sur le fait que, pour être complètement efficaces, ces travaux devront être couplés au chantier de fond.

Du côté de la rue de la Vallée des prés où le tracé du ruissellement de l’eau provenant de mares forestières « plus ou moins entretenues aujourd’hui » enjambe l’autoroute via le pont, l’objectif est, une fois encore de « freiner » au maximum l’eau qui arrive dans la rue. « On peut faire une espèce de dos d’âne [en amont de la rue], l’eau va aller sur le côté au lieu de rester au milieu de la route, la mettre sur les fossés où elle va s’infiltrer naturellement au lieu de la laisser se concentrer [et descendre ensuite la rue] », détaille Daniela Calvar de l’une des mesures en ajoutant qu’en aval, des noues peuvent aussi être créées pour favoriser également l’infiltration des eaux.