Les motifs des auteurs n’ont pas encore été clairement établis, mais les faits interrogent. Dans la nuit du mardi 23 au mercredi 24 novembre, deux voitures sérigraphiées de la police municipale ont été incendiées devant ses locaux, boulevard des Cygnes, dans le quartier des Bords de Seine. Dans une vidéo, filmée et diffusée sur le réseau social Snapchat, on peut apercevoir deux personnes cagoulées allumer et lancer des cocktails Molotov à l’intérieur de la Renault Clio et de la Peugeot 207, après en avoir brisé les vitres côté conducteur. Cette nuit-là, la police municipale, qui fonctionne habituellement 24h/24 et compte une cinquantaine d’agents, n’a pu effectuer de patrouille, étant en sous-effectif. Seuls deux agents étaient assignés au centre de surveillance urbain.

Il est un peu plus d’une heure du matin lorsque les sapeurs-pompiers sont appelés pour intervenir sur les lieux du sinistre. Ils resteront environ une heure sur place, le temps d’éteindre complètement les feux. Les épaves ont été enlevées dans le courant de la nuit, afin de subir des expertises. « J’ai une élue qui habite juste à côté, qui m’a appelé et cinq minutes après j’avais un coup de fil du responsable de la police municipale qui partait de chez lui pour venir donc il m’a pris au passage », précise l’édile mantais, Raphaël Cognet (LR), le lendemain, lors d’une visite dans les locaux de la police municipale pour assurer son soutien aux agents.

Il est un peu plus d’une heure du matin lorsque les sapeurs-pompiers sont appelés pour intervenir sur les lieux du sinistre. Ils resteront environ une heure sur place, le temps d’éteindre complètement les feux.

« C’est évidemment inacceptable, […] mais je voulais vous dire, au nom du maire, puisque vous détenez vos pouvoirs de police par mon autorité du fait qu’on ne lâchera rien dans cette affaire et qu’évidemment on fera le maximum pour […] qu’on puisse élucider ce qu’il s’est passé cette nuit », assure-t-il aux agents. Une plainte a été déposée par la Ville.

L’édile était également accompagné du sous-préfet Gérard Derouin. « Je voulais vous dire à vous tous le soutien de l’État par ma personne, le soutien du préfet à l’endroit de toute l’équipe de cette police municipale, qui est très appréciée, mais je dirai qu’elle soit ­appréciée ou pas, l’acte criminel est commis, il y a un acte criminel et il faudra qu’il soit condamné durement », appuie-t-il. Cependant, concernant les motivations des auteurs, il reconnaît qu’il existe « un spectre large » des possibilités sur lesquelles devront se pencher les enquêteurs de la sûreté départementale. « Soit c’est un mouvement antipolice comme malheureusement on voit dans ce pays depuis de nombreux mois, […] cela peut n’être pas un mouvement du tout, c’est-à-dire deux voitures qui sont tout simplement plus repérables que les autres et on joue et on met le feu, ça peut être ça, cela peut être une affaire personnelle chez l’un d’entre vous », énumère-t-il.

Les épaves ont été enlevées dans le courant de la nuit, afin de subir des expertises.

Cet acte pourrait-il être le fait de représailles contre une intervention récente ? « Il n’y a aucune opération qu’on a pu faire qui aurait pu susciter des représailles ou autres, souffle un agent. Même si après, il y a l’interprétation que les gens peuvent en faire. » Le maire confirme : «  En ce moment c’est plutôt calme, ça fait des semaines que c’est calme, donc faire un lien avec des évènements récents ne me paraît [pas justifié]. […] La police municipale elle agit tous les jours, je ne vois pas en quoi ça pourrait être en lien avec une intervention quelconque. » Il s’agirait en tout cas d’une « première », depuis l’installation du poste de police dans le quartier des Bords de Seine. « Quand on était à Gassicourt, il y a 15,20 ans de cela, ils ont lancé des cocktails Molotov par-dessus la haie », se rappelle un ancien du service. Cependant, ce n’est pas la première fois que l’institution est visée ces derniers mois. Le 14 juillet dernier, le chef de la police municipale, en poste depuis 17 ans, avait été renversé par un automobiliste fou, rapportait alors Le Parisien. Le policier s’en était ­miraculeusement sorti.

« Ce n’est pas la première fois que des équipements municipaux ou des véhicules sont pris pour cible », relève toutefois le sous-préfet. Ces derniers mois, plusieurs incidents ont visé des représentants de la vie municipale. En mars 2020, la voiture du premier adjoint, Sidi El Haïmer, avait été incendiée devant son domicile. En juillet de cette même année, plusieurs élus, dont le maire, le premier adjoint, ou encore le président du Département, Pierre Bédier (LR). En octobre 2020, un médiateur avait été blessé par un tir de fusil en plein centre-ville et la voiture du directeur général des services avait elle aussi pris feu. « À chaque fois, les personnes visées travaillent à des postes clés », pointe un enquêteur chez nos confrères de 78actu, sans faire de lien avec cette affaire.

Crédits photo 1 de l’article : CAPTURE ECRAN – FACEBOOK