De l’émotion il y en avait ce 4 décembre dans les yeux de Maurice Ridet, président du comité d’organisation intercommunal de la Polymultipliée. Ce jour-là, il a inauguré, devant l’église Saint-Roch, à Chanteloup-les-Vignes, une stèle rappelant le palmarès de la course de côte créée en 1913 et qui a vu s’affronter les grands noms du cyclisme. Bien que délocalisée à plusieurs reprises, cette épreuve était un événement phare dans la commune. Depuis 2009, cette course qui faisait partie de la Coupe de France n’est plus organisée. La stèle rappelle à chacun l’histoire de cette épreuve pour qu’elle ne soit pas oubliée.

« On discute aujourd’hui avec des jeunes, des nouveaux arrivants à Chanteloup et quand on leur dit « Polymultipliée », ils nous disent « c’est quoi ? », « jamais entendu parler » alors qu’il y a 30 ans [tout le monde connaissait] », déplore Maurice Ridet. Lors de l’inauguration, des personnes du public regrettaient même que certains pensent que la Polymultipliée soit le nom d’une maladie. La course a été dénommée ainsi jusqu’en 1970 avant d’être renommée Trophée des grimpeurs.

Maurice Ridet rappelle pourtant que l’événement qui a vu l’apogée du dérailleur était médiatisé. Daniel et Élise, un couple de Chantelouvais, le confirment. « La télévision installait ses camions au-dessus de chez nous et ils retransmettaient [l’épreuve] », déclare cette dernière tandis que son époux insiste sur la présence de la foule qui ­acclamait les coureurs.

Cette foule n’était néanmoins pas uniquement présente à Chanteloup-les-Vignes. Comme le rappelle la maire DVD chantelouvaise, Catherine Arenou, la course traversait plusieurs communes. « Chaque année, des milliers de personnes se pressaient à Chanteloup-les-Vignes, à Maurecourt, à Andrésy [et] à Triel-sur-Seine pour certaines années pour applaudir les ­coureurs », déclare-t-elle.

Alors que le Comité régional de la Fédération française de cyclisme était représenté le 4 décembre, la maire a tenu à faire passer un message concernant la tenue de nouveaux événements cyclistes. « Je sais bien que nous n’avons plus les moyens financiers de remettre sur pied la Polymultipliée telle qu’elle existait auparavant mais, je suis sûre, qu’on pourrait explorer d’autres idées », lance-t-elle. La stèle, dont le coût n’a pas été communiqué, a été financée par une initiative privée.