Nouvel élément qui tend à montrer que l’ambiance se crispe de plus en plus autour de la politique locale mantaise. Depuis le début du mois de décembre, plusieurs Mantais ont été contactés pour répondre à un sondage téléphonique mené par Le terrain, prestataire d’Harris interactive. Ce sondage porte ainsi sur « l’actualité locale, politique et économique », selon un des sondés. Mais viennent ensuite plusieurs questions relatives à la crise que traversent la municipalité mantaise et l’action du maire, Raphaël Cognet (DVD).

Sont ainsi posées des questions concernant le regard porté sur l’action de Raphaël Cognet, si la situation actuelle est « injuste » pour lui, ou même de l’influence du président du Département, Pierre Bédier (LR), sur la politique menée par la Ville. « Cette approche faite et la méthodologie utilisée amènent naturellement le sondé vers une réponse positive envers le commanditaire de ce sondage », affirme une source proche de la mairie. Parmi nos interlocuteurs, plusieurs s’interrogent sur la teneur des questions posées, plutôt favorables au maire actuel, et se demandent si elles n’émaneraient pas de l’entourage du maire mantais. Contactés, ni Harris interactive, ni Raphaël Cognet n’ont répondu à nos sollicitations. Le coût moyen d’un tel sondage est de 15 000 euros, selon un habitué de ces méthodes.

Au Terrain, on assume n’avoir qu’un rôle de prestataire. « Je pense que pour avoir des informations relatives à cette étude, il me semble que ce serait mieux de s’adresser à Harris, ce sont eux qui sont en contact avec le commanditaire, indique-t-on à La Gazette. Nous on fait uniquement la partie terrain, on assure la logistique des interviews et ensuite on remet un fichier de données. » Alors comment expliquer la présence de personnes non-résidents à Mantes-la-Jolie ?

Concernant l’identité des appelés, « ce sont des bases de numéros de téléphone aléatoires qui sont géolocalisées et qui permettent d’interroger les gens sur la ville de Mantes-la-Jolie », poursuit-on au Terrain. Pourtant, parmi les sondés se trouvent des personnes résidant à Mantes-la-Ville, et à Limay. Selon nos informations, six élus siégeant actuellement au conseil municipal ont également été appelés. « C’est un vrai sondage en bonne et due forme, avec un échantillon, pour lequel on doit respecter des structures d’échantillons, des règles méthodologiques, tout est fait dans les règles de l’art », se défend-t-on au Terrain.

Parmi les questions posées aux répondants, l’une marque particulièrement. Dans un scénario où de nouvelles élections se produiraient, il est demandé de choisir entre quatre candidats : Raphaël Cognet, « maire sortant indépendant », Jean-Luc Santini (LR), « soutenu par Pierre Bédier », Marc Jammet, conseiller d’opposition communiste et celui de la liste Lutte ouvrière, Thierry Gonot. Soit la configuration actuelle du conseil municipal, qui ne prend pas en compte de potentielles candidatures socialistes ou de La République en Marche. « Ce sondage est bidon, le résultat est écrit d’avance !, s’insurge un membre de l’opposition au maire. Evidemment que si nous revotons il y aura d’autres listes. Le commanditaire veut juste se faire mousser et faire croire qu’il est désiré, admiré. C’est du ­narcissisme pur et dur. »

Reste désormais à s’interroger sur la finalité de ce sondage. Pourrait-il servir à jauger de la pertinence d’une nouvelle élection ? Et surtout juger la côte dont jouit Raphaël Cognet ? Désormais minoritaire parmi sa propre majorité, sa lettre de démission serait toujours dans les mains du préfet à l’heure actuelle. Si les élus qui le soutiennent devaient également démissionner, l’organisation de nouvelles élections municipales serait inévitable, le nombre de colistiers présents sur la liste Mantes Unie ne suffisant pas à combler les départs. Reste à savoir quel sera le prochain épisode, l’édile devant annoncer sa démission lors du conseil municipal du 29 novembre dernier. Il en avait ­finalement été tout ­autrement.