Mardi 14 décembre, environ 15 h 30 : un homme gît au sol sur le terre-plein central de l’avenue du Général de Gaulle, près du marché du Val Fourré. Un Limayen de 62 ans vient de se donner la mort avec une arme à feu en pleine rue. Juste avant d’en finir, ce dernier avait tiré plusieurs coups de feu en l’air et braqué des passants, sans faire de victimes.

Vers 17 h, le quartier était encore totalement bouclé par les forces de l’ordre. Parmi les nombreux habitants qui se massent derrière la rubalise de sécurité, la plupart ont vu la scène depuis des vidéos partagées sur les réseaux sociaux. Sur celles-ci, on y voit le forcené, vêtu de noir jusqu’au bonnet, déambuler sur l’avenue armé d’un fusil dans une main et d’un pistolet dans l’autre. Au pied de la tour Vega, il tire en l’air à plusieurs reprises. « Moi, j’ai entendu les bruits quand je sortais du nouveau collège (situé à quelques centaines de mètres de là, Ndlr) », raconte une adolescente.

Après avoir visé plusieurs voitures qui passaient tout près de lui, le sexagénaire braque de jeunes habitants qui tentent de le maîtriser, sans succès. « C’est des gars du quartier qui ont vu qu’il se baladait avec des armes alors que c’était plein de monde, les petits sortaient de l’école en même temps », raconte un jeune homme qui habite juste à côté.

Sur un autre extrait, capturé depuis un immeuble voisin, l’homme pose le pistolet sur sa tempe alors qu’un riverain jette une pierre dans sa direction. Finalement, le coup part et son corps tombe droit. Les premiers policiers sont arrivés quelques minutes plus tard, rejoints notamment par des CRS qui ont entendu l’appel sur les ondes.

« Les habitants nous appellent au départ pour des coups de feu dans la rue : à ce moment-là, on ne sait pas très bien sur quoi on part », témoigne une source policière. Une fois identifié, le domicile du suicidaire, inconnu des fichiers, a été perquisitionné très rapidement. « Quand on a une personne qui se donne la mort en pleine rue comme ça ce qu’il faut faire c’est de vérifier tout de suite à son domicile s’il n’y a pas d’autres victimes […] parce qu’une personne qui est désespérée comme ça, c’est parfois parce qu’elle a commis l’irréparable à son domicile », explique une source proche de l’affaire. Seules des lettres annonçant son intention de mettre fin à ses jours y ont été retrouvées.

À la suite de ce drame, la Ville a mis en place une cellule d’écoute pour les habitants « témoins de la scène ou toute personne qui en ressentirait le besoin ». L’accueil de la cellule d’urgence médico-psychologique se fait sans rendez-vous au centre médico-social Chopin situé 1, rue Frédéric-Chopin, le jeudi, de 10 h à 16 h et le vendredi, de 10 h à 14 h.