Développer sa vision périphérique, parer les coups et chuter sans se faire mal. Ce sont quelques-unes des leçons que la quinzaine de participantes au stage de self-défense au complexe sportif Provence, à Carrières-sous-Poissy, a appris. Celui-ci a été organisé samedi 27 novembre, deux jours après la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. L’objectif d’un tel stage, qui n’est pas une première en ville, consiste notamment à permettre aux participantes d’acquérir plus de confiance en elles.

« C’est une façon d’acquérir un petit peu plus de confiance en soi quand on est face à un homme. En deux heures on ne va pas apprendre à se défendre complètement mais on va acquérir certains mécanismes ou au moins savoir qu’ils existent pour après savoir les utiliser », affirme, l’adjointe en charge de la vie inclusive, Annie ­Lonjon-Roziere.

« Pour moi la self-défense ce n’est pas des techniques à appliquer pour détruire l’autre. Ce n’est surtout pas cela. La self-défense c’est des techniques à appliquer pour se défendre soi-même, gagner en confiance en soi », explique le formateur en self-défense et professeur de judo et de Ju-jitsu au club de Carrières-sous-Poissy, Nicolas Serandrei.

Acquérir des techniques pour savoir se défendre est justement ce que recherche Karine, une participante de 38 ans. « Je pensais au début que cela ne servait à rien mais [en réalité] cela nous apporte des automatismes, confie-t-elle. Évidemment, on ne fera pas en situation réelle la même chose que ce qu’on apprend-là, doucement, tranquillement pour ne pas se faire mal, mais cela apportera des réflexes. »

« On saura peut-être mieux réagir s’il arrivait quelque chose et, au moins, déstabiliser l’adversaire pour que cela n’aille pas plus loin », complète Karen, une participante de 35 ans qui précise avoir déjà vécu des situations où de telles ­connaissances lui auraient été bénéfiques.

Nicolas Serandrei avertit toutefois que les exercices de self-défense s’inscrivent dans le cadre légal de la légitime défense. Pour lui, une fois l’adversaire déstabilisé, la meilleure des solutions reste la fuite. « [Il faut] privilégier la fuite. On est sur une séance de self-défense féminine donc, par définition, on va [parfois] être sur des rapports de force qui ne vont pas forcément être égaux. Quand on va avoir un grand gaillard qui va venir nous chercher des noises, pour les dames, le but du jeu ne va pas être de chercher un combat jusqu’à la mort et jusqu’au bout », déclare-t-il en ajoutant : « Ce que je conseille c’est d’être capable de ne pas se faire saisir […] et, à chaque fois qu’on va pouvoir riposter, l’idée ça va être de fuir pour pouvoir aller demander secours, voire demander des témoignages pour ensuite actionner les procédures qui peuvent ­exister ».

Pour le maire, Eddie Ait (SE), les stages de self-défense menés par le club de judo de la ville sont voués à être réitérés grâce à un partenariat entre le club et la Ville dans le cadre de sa politique sportive. « C’est intéressant, on répond à une problématique et cela permet aussi de toucher une population de jeunes femmes », déclare-t-il.

« Je pense que toutes les femmes devraient faire [de la self-défense] et même plus tôt, dès la fin de l’adolescence, insiste Karen. Je pense que c’est quelque chose d’utile malheureusement. » Des stages de self-défense ont déjà été organisés dans d’autres villes de vallée de Seine. Le 15 janvier, à Triel-sur-Seine, un stage de self-défense gratuit, à destination des Triellois de 11 à 17 ans, est organisé à la salle Grelbin de 18 h à 20 h. Les inscriptions auprès de la maison des jeunes sont obligatoires par téléphone au 01 39 27 13 02 ou par courriel à service.jeunesse@triel.fr.