« Interminable » et « long ». Ces adjectifs reviennent régulièrement chez les personnes souhaitant réaliser un test antigénique en pharmacie. Depuis quelques semaines, il faut s’armer de patience et attendre parfois plus d’une heure avant de réaliser le prélèvement visant à savoir si l’on est ou non positif au Covid-19. Résultat, les files d’attente s’allongent aux abords des pharmacies de vallée de Seine. Les professionnels de santé tentent de s’organiser au mieux pour y faire face mais se disent souvent « débordés ».

« Depuis la veille du réveillon de Noël, on fait face à une explosion des demandes de tests […], déclare le 8 janvier, Bassim Ben Abdellah, pharmacien à Chanteloup-les-Vignes. D’habitude on fait 50 à 70 tests par jour, là, on en faisait 300 et on a atteint un pic à 600 il y a une semaine. » Selon lui, l’afflux des demandes en tests antigéniques n’est pas sans conséquence sur les conditions d’accueil.

« On ne [peut] plus accueillir les gens dans des bonnes conditions. On [doit] servir en même temps les personnes avec ordonnance », explique-t-il en avouant, en plus, avoir eu certains jours une pénurie de tests. Le pharmacien chantelouvais insiste aussi sur le fait que, ces dernières semaines, certains membres du personnel sont tombés malades. « Ils ne pouvaient pas venir travailler. Du coup, on était en équipe réduite et avec trois fois plus de travail », affirme Bassim Ben Abdellah.

Cette surcharge de travail a été constatée par d’autres pharmaciens en vallée de Seine. Le 13 janvier, un pharmacien du Mantois le confirme. « Il y a, à peu près une semaine, on était à 400 [tests antigéniques] par jour », confie-t-il. Face à cette surcharge de travail, la Ville de Chanteloup-les-Vignes a ouvert, le 5 janvier, un centre de dépistage du Covid-19 à l’espace culturel Paul Gauguin. Les tests antigéniques sont assurés, sans rendez-vous, par les pharmaciens chantelouvais, du lundi au samedi, de 9 h à midi, et de 14 h à 17 h.

« Les pharmaciens nous ont annoncé un surplus d’activité énorme […] et ces tests, du coup, se faisaient dans des conditions absolument pas satisfaisantes pour les habitants […]. L’idée [en ouvrant ce centre] c’était que les conditions sanitaires soient satisfaisantes pour tout le monde, les conditions d’accueil aussi […] et le temps d’attente le moins long possible », déclare, le 8 janvier, la maire DVD chantelouvaise, Catherine Arenou. En tant que médecin généraliste de formation, l’édile aide même les pharmaciens en réalisant des tests antigéniques aux patients venus de la commune et des villes voisines.

En tant que médecin généraliste de formation, la maire de Chanteloup-les-Vignes, Catherine Arenou (DVD), aide les pharmaciens chantelouvais en réalisant des tests antigéniques à l’espace culturel Paul Gauguin.

« C’est très bien organisé et c’est surtout plus sécurisé parce que, quand on faisait [le test] auprès des pharmacies, il y a les routes et c’est vrai que, pour ceux qui ont des enfants en bas âge, c’est plus simple », déclare Isabelle, une Chantelouvaise venue le 8 janvier réaliser un dépistage du Covid-19 en tant que cas contact. Elle se réjouit également que le délai d’attente soit limité.

D’après Catherine Arenou, le délai d’attente est généralement compris entre « 25 et 35 minutes » mais il peut augmenter en cas de défaillance du système Si-Dep permettant d’enregistrer informatiquement les résultats des dépistages. Le 8 janvier, 440 personnes sont venues se faire tester à l’espace culturel Paul Gauguin. Du 5 au 12 janvier, la moyenne du nombre de patients venus se faire dépister est de 438 personnes par jour.

D’après nos informations, les taux de positivité enregistrés par ce centre tendent à diminuer. Le 5 janvier, il aurait été de « 40 % » puis de « 30 % » le lendemain et « 10 % » le 7 janvier. Néanmoins, ces chiffres sont à prendre avec précaution car cette diminution n’est pas celle que constate un pharmacien du Mantois. « Je pense que c’est l’inverse, les positifs ont augmenté. Je vous dirai que j’ai autour de 30 % », confie-t-il le 13 janvier.

Quoi qu’il en soit, alors qu’il affirme que le nouveau protocole mis en place dans les écoles tend à faire diminuer le nombre de tests antigéniques ­quotidiens, l’ouverture de centres de dépistage semble encouragée par l’Agence régionale de santé (ARS). « En accord avec les dernières annonces gouvernementales, l’ARS Île-de-France est actuellement en train de structurer le déploiement de nouveaux centres de dépistage et de vaccination, y compris dans les Yvelines », déclare l’Agence régionale de santé le 12 janvier.

Ces dernières semaines, des files d’attente se sont formées devant plusieurs pharmacies de vallée de Seine pour la réalisation de tests antigéniques.

D’après Catherine Arenou, le centre de dépistage à Chanteloup-les-Vignes est voué à être ouvert plusieurs semaines. « On s’adapte [mais] on est parti pour un protocole de trois semaines », déclare-t-elle. Le 13 janvier, la Ville de Buchelay a annoncé qu’un centre de dépistage a ouvert ce même-jour « jusqu’à la fin du mois » au centre des arts et loisirs. Les dépistages sont réalisés de 9 h à 18 h, du lundi au dimanche. À cette même date la Ville de Rosny-sur-Seine a annoncé sur Facebook qu’un centre de dépistage allait ouvrir, du lundi au samedi, de 9 h à 13 h et de 14 h à 17 h, sur le parking de la mairie. « Les tests PCR seront sur rendez-vous, à prendre sur la plateforme en ligne Doctolib. Les tests antigéniques seront sans rendez-vous », indique la Ville.

À Andrésy, c’est le parking de l’espace Julien Green qui servira de stand de dépistage. Mis en place par le centre communal d’action sociale et l’association La vie est belle 78, il accueille, sans rendez-vous, les patients du lundi au samedi de 9 h à 18 h 30. Enfin, à partir du 18 janvier, à Poissy, le centre de vaccination comportera également une partie centre de de dépistage PCR pour adultes et enfants, sur rendez-vous uniquement, du lundi au vendredi, de 13 h à 17 h.

Depuis le 17 janvier, le VaccYbus, mis en place par le Département et l’ARS Île-de-France pour permettre aux Yvelinois de se faire vacciner propose des tests antigéniques. Les arrêts du bus sont disponibles sur le site internet du Département. Il s’arrêtera par exemple à Epône, à la salle du Bout du monde le 26 janvier, de 9 h 30 à 16 h 30.

Une montée du nombre d’hospitalisations

Les hôpitaux franciliens ne sont pas épargnés par le rebond épidémique du Covid-19. D’après l’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France, le 11 janvier « 6 107 personnes étaient hospitalisées pour Covid-19 dont 916 en soins critiques » et ces données sont « en augmentation ». Les hôpitaux de vallée de Seine constatent également cette hausse.

Alors que l’hôpital François Quesnay, à Mantes-la-Jolie, dispose de « dix lits de réanimation […] plus quatre lits d’unités de soins continus », le secrétaire adjoint Force Ouvrière (FO), Bernard Landais, affirme que, par manque de personnel, « les quatre lits de soins continus sont fermés […] et deux lits de réanimation [aussi] ». Sur les huit lits de réanimation disponibles, il affirme le 12 janvier que « plus de la moitié des lits sont pris par des patients qui sont atteints par la Covid ».

Bien qu’elle ne dispose pas des chiffres sur le centre hospitalier intercommunal Poissy Saint-Germain (Chips), la secrétaire CFDT, Catherine Loric-Assous, affirme que les personnes hospitalisées ou en réanimation pour cause de Covid-19 sont essentiellement des personnes non vaccinées. « On peut avoir des gens vaccinés comme des gens non vaccinés, nuance Bernard Landais. Si ce sont des gens vaccinés, c’est comme au niveau national, ce sont des personnes qui ont des grosses pathologies [et des facteurs de risques]. » Contactée, la direction n’a pas répondu à nos sollicitations dans les délais impartis à publication.