Les Mureaux est-elle une ville de breakdance ? Tout porte en tout cas à le croire. Après l’organisation en janvier dernier d’un battle de breakdance ayant permis à quatre binômes mixtes de s’affronter en musique à l’espace des habitants, la Ville a accueilli, du 21 au 26 février, un stage de l’équipe de France espoir de cette discipline. Pour permettre au public de se familiariser avec ce type de danse issu de la culture hip-hop, une démonstration a même eu lieu le 23 février au Cosec Pablo-Néruda. Elle a réuni de nombreuses personnes venues des Mureaux et des villes avoisinantes.

C’est le cas de Mohamed, un habitant de Meulan-en-Yvelines, venu ce jour-là avec son fils pour lui faire découvrir l’univers du breakdance. « On attend du beau spectacle. J’espère qu’ils vont nous faire participer pour danser », déclare-t-il. Sur ce point, le Meulanais n’a probablement pas été déçu. Après une séance d’échauffement de l’équipe de France espoir, les entraîneurs ont invité le public qui le souhaitait à descendre des gradins pour apprendre quelques pas. L’événement s’est ensuite conclu par une démonstration sous la forme d’un battle de l’équipe de France espoir.

« J’aime bien le battle parce qu’on peut se confronter aux autres », affirme Safiana, visiblement ravie de démontrer ses talents au public. Âgée de 13 ans, la jeune danseuse a remporté en août 2021 les qualifications régionales en Hauts-de-France. Pour le directeur de la performance à la fédération française de danse, Xavier Fleuriot, la tenue d’un tel événement est indispensable pour l’entraînement des jeunes sportifs. « L’idée des stages c’est de faire des points avec eux de façon régulière, explique-t-il. On les fait venir et on travaille sur le contenu. Après ils repartent chez eux, ils refont leur travail quotidien sur la base de ce qu’on a pu leur apporter. »

Et du travail, les jeunes espoirs de l’équipe de France n’en manquent pas. « On est en plein travail au vue de l’entrée [du breakdance] aux Jeux Olympiques [à Paris en 2024] », détaille Abdel, un des entraîneurs. Pour cela, ce dernier semble pouvoir compter sur l’appui de la Ville dont Xavier Fleuriot reconnaît la qualité des infrastructures sportives. « Aujourd’hui on profite de la tenue prochaine des Jeux Olympiques mais cela fait déjà cinq-six ans qu’on est vraiment engagé dans le développement du breakdance, de la culture urbaine et du hip-hop. Cela fait un an qu’on est en pourparlers avec la fédération française de danse pour vraiment travailler sur du long terme […] bien après 2024. », déclare l’adjoint en charge du sport et de la santé, Damien Vignier.

Selon Vincent Gauguin, directeur du centre de la danse Pierre Doussaint implanté aux Mureaux et appartenant à la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO), une compétition interrégionale de breakdance aura lieu en ville le 2 avril prochain. « [C’est] la compétition interrégionale Île-de-France Normandie pour le championnat de France qui rentre dans le cadre du [classement] des Jeux Olympiques », explique-t-il. Comme le relatait La Gazette en janvier, la commune des Mureaux accueillera également en septembre, octobre, novembre et décembre la première formation professionnelle d’entraîneurs de breakdance sur le territoire. « Le 1er octobre, on aura un battle international aux Mureaux », complète Damien Vignier.

Le breakdance perdurera-t-il aux Jeux Olympiques ?

Les Jeux Olympiques de Paris en 2024 marquent l’entrée du breakdance dans les sports en compétition. Cependant, la question concernant le fait de savoir si le breakdance perdurera en tant que discipline olympique semble se poser.

« Est-ce-que Los Angeles en 2028 sera concernée [par le maintien du breakdance] ? Je l’espère », déclare, le 23 février, Xavier Fleuriot, directeur de la performance à la fédération française de danse. Si tel est le cas, il compte bien apprendre des résultats obtenus par la sélection française lors des Jeux Olympiques en 2024 pour améliorer encore davantage les résultats des danseurs français.

« Si ce n’est pas olympique [en 2028], de toute façon, ce travail [auprès des sportifs] est quand même engagé, ajoute-t-il. La réalité des compétitions de breakdance existe. Il y a un circuit mondial. »