Le 13 janvier dernier, l’endométriose a été reconnue comme affection de longue durée par l’Assemblée nationale. Presque deux mois plus tard, le 8 mars, l’Agence régionale de santé d’Île-de-France a annoncé le déploiement de quatre filières dédiées à cette maladie gynécologique qui touche une femme sur dix dans le monde. Ouvertes aux professionnels de santé de différentes spécialités, elles doivent « permettre une prise en charge précoce de l’endométriose pour toutes les femmes qui en souffrent, […] permettre une prise en charge de qualité en cas d’endométriose complexe ou récidivante et d’améliorer la prise en charge de la douleur », indique l’ARS dans un communiqué de presse.

Pour les Yvelines, la filière sera pilotée par les centres hospitaliers de Poissy-Saint-Germain et André Mignot de Versailles et intégrera notamment le secteur du GHT Nord (qui comprend les hôpitaux de Mantes-la-Jolie et de Meulan-Les Mureaux, Ndlr). Parmi les objectifs figurent « le développement d’une offre de soins de qualité, en ciblant les populations et les départements de la grande couronne », souligne Amélie Verdier, directrice de l’ARS francilienne, qui rappelle qu’au niveau régional, l’endométriose peut potentiellement toucher « 300 000 Franciliennes ».

Pour les Yvelines, la filière « se fonde sur l’existant », note Arnaud Fauconnier, chef de service gynécologie-obstétrique du Chips et reconnu comme spécialiste de la maladie. Pour le médecin, il s’agit de mieux coordonner les relations entre les différents centres hospitaliers, mais aussi avec les praticiens « de ville » afin d’améliorer, voire affiner, les diagnostics. Il prend pour exemple les chiffres fournis par le docteur Pierre Panel, référent endométriose au centre hospitalier versaillais : en janvier 2022, 51 nouvelles patientes ont été adressées pour une suspicion d’endométriose, 38 en étaient véritablement atteintes. « Beaucoup de cas nous sont adressés avec des diagnostics soit incertains, soit qui ne sont pas des cas d’endométrioses », relève Arnaud Fauconnier.

Pour affiner ces diagnostics d’endométriose, Arnaud Fauconnier, qui est également directeur du laboratoire Risques cliniques et sécurité en santé des femmes et santé périnatale à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, avait conçu l’algorithme DEVA.

Pour affiner ces diagnostics, le praticien, qui est également directeur du laboratoire Risques cliniques et sécurité en santé des femmes et santé périnatale à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, avait conçu l’outil DEVA (aussi appelé ENDOL-4D, Ndlr), questionnaire adressé aux professionnels de premiers recours (généralistes, gynécologues et sages-femmes, Ndlr) pour faciliter le diagnostic et la prise en charge de la maladie en générant un algorithme de probabilité. En octobre 2021, l’association EndoFrance, qui avait financé une partie du projet, a indiqué que ce questionnaire « permet la détection des formes moyennes à sévères de cette maladie avec une spécificité de 98 % » des personnes interrogées, avait alors ­rapporté l’association.

Cependant, Arnaud Fauconnier insiste sur la nécessité de poursuivre les recherches concernant les dispositifs d’aide à la détection de la maladie. « La détection et le repérage ça passe encore beaucoup par la recherche. On n’est pas encore en mesure de fournir aux praticiens de premiers recours des outils, relève-t-il. Par contre, il y a quelques idées qu’il faut retenir. Les symptômes et leur numérisation avec des questionnaires, des algorithmes, c’est une piste très intéressante. La deuxième piste c’est les biomarqueurs, est-ce qu’on va trouver un ou plusieurs biomarqueurs, qui nous aideront, avec une prise de sang ou des tests salivaires ou urinaires, à identifier des groupes à risques ? C’est possible, mais ce n’est pas encore au point. »

Crédits photo article : ARCHIVES / LA GAZETTE DE SAINT-QUENTIN-EN-YVELINES