La France des Lumières, la patrie des Droits de l’Homme, la France de Mendès France, de Malraux et du Général de Gaulle, la France « black blanc beur » de 98 et celle « bleu blanc rouge » de 2018, cette France sûre de ses valeurs, généreuse et forte, serait-elle sur le point de céder aux sirènes du ­populisme ?

Partout dans le monde, ces dirigeants ont finalement révélé leur inaptitude à gouverner. De Trump à Bolsonaro, en passant par Johnson, Orbán ou Erdogan, une fois aux commandes ils ont tous montré le visage de la haine, de la division et souvent de l’incompétence. Est-ce que c’est ce que les Français veulent pour eux-mêmes ? …. Par dépit ? Car oui, le ressenti est grand, le ras-le-bol exacerbé et trop de souffrances se sont accumulées. Est-ce une raison pour vouloir renverser la table et livrer le pays au « chaos » ?

La question se pose sur la société que nous voulons, du sens que nous voulons donner au mot civilisation ; du bien commun que nous voulons mettre en place et transmettre à nos enfants. Quel patriotisme, au sens élargi de famille, voulons-nous arborer ? Voulons-nous donner l’image d’un pays rétrograde saccageant l’héritage de Simone Veil sur le droit des femmes à l’avortement et le combat de Robert Badinter pour la vie en rétablissant la peine de mort ?

Dans les Yvelines, le front républicain, même quelque peu fissuré, tient bon face à la montée du Rassemblement National, le nouveau nom du Front National fondé par Jean-Marie Le Pen. Car au fond, si l’emballage a changé, le produit reste le même. La grande majorité des élus, quel que soit leur bord, malgré les réserves qu’ils émettent sur la politique menée depuis 5 ans, appelle à voter pour Emmanuel Macron. Une cinquantaine de maires des Yvelines – dont Arnaud Péricard (Saint-Germain-en-Laye), Laurent Brosse (Conflans Sainte-Honorine), François Garay (Les Mureaux), Joséphine Kollmannsberger (Plaisir), Philippe Guiguen (Les Clayes-sous-Bois), Sidi El Haimer (Mantes-la-Jolie), Eddie Aït (Carrières-sous-poissy) ou encore Fabien Aufrechter (Verneuil) – a par ailleurs signé une tribune dans les Affiches Parisiennes, tribune qui conclut : « Dans ce contexte, au-delà de nos sensibilités politiques et pour que nous puissions continuer de vivre dans une société où la diversité est une richesse et non une tare, dans une société qui défend son modèle social, ses institutions, ses valeurs et ses libertés, nous appelons sans équivoque à voter pour Emmanuel Macron, le 24 avril prochain au second tour de l’élection présidentielle. »

Cela interroge cependant sur l’évolution des institutions de la Ve République. Retour au septennat ? Assemblée nationale renouvelable tous les 5 ans ? Introduction de la proportionnelle ou d’une dose de proportionnelle ? Les idées ne manquent pas. Reste à savoir quelle sera réellement la volonté du futur Président ou de la future Présidente de la République ­Française.

Bruno Millienne, député MoDem de la 9e circonscription des Yvelines :

« Une nouvelle campagne s’est ouverte […] une campagne où nous allons devoir rassembler au-delà de notre camp […] Il va falloir faire un travail que nous n’avons sans doute pas assez fait : expliquer aux Français l’impasse que représente pour notre pays le programme de madame Le Pen ; expliquer que ce programme xénophobe propose de remettre en cause notre principe d’égalité […] ; expliquer que si elle s’en cache aujourd’hui, elle prépare la sortie de la France de l’Union Européenne […] expliquer que ses propositions sur le pouvoir d’achat sont totalement irréalistes et que son programme n’est pas viable financièrement […] Le 24 avril, un seul vote pour la France : Emmanuel Macron. »

Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France :

« J’ai construit mon engagement politique contre les extrêmes de droite comme de gauche. Je les ai toujours combattus avec force et constance car je crois comme Jacques Chirac que tout dans l’âme de la France dit non à l’extrémisme. Le projet de Marine Le Pen conduirait le pays à la discorde, à l’impuissance et à la faillite. Sa proximité historique avec Vladimir Poutine la discrédite pour défendre les intérêts de notre pays dans les temps tragiques que nous vivons. Son élection conduirait à l’effacement de la France sur les scènes européenne et internationale. Ainsi, et malgré les profondes divergences que j’ai martelées tout au long de la campagne, je voterai en conscience Emmanuel Macron pour empêcher l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen et le chaos qui en résulterait. »

Pierre Bédier (LR), président du conseil Départemental des Yvelines :

« Dans la fidélité à mes engagements de toujours avec le Président Chirac contre tous les extrémismes ; et parce que l’esprit de responsabilité doit prévaloir dans ces circonstances électorales plus qu’incertaines, j’appelle sans réserve à voter pour Emmanuel Macron. »

Grégory Garestier, maire de ­Maurepas :

« Les résultats du premier tour ont exprimé un mécontentement profond des Français qu’il faut impérativement écouter et traiter par un nouveau souffle démocratique et un projet rassembleur pour la nation.

Aussi, en raison des valeurs qui sont les miennes et qui m’ont toujours tenu éloigné des extrêmes, je voterai, en responsabilité, pour Emmanuel Macron au second tour. »

Jean-Baptiste Hamonic, président du MoDem 78, maire de ­Villepreux :

« La satisfaction de voir que les Français, Yvelinois et Villepreusiens ont fait le choix de renouveler leur confiance à Emmanuel Macron dès le 1er tour est bien présente. Humilité et responsabilité sont de mise face au chemin qu’il reste à parcourir pour l’emporter dimanche.

Je remercie les responsables des formations politiques d’opposition, éliminées au premier tour, qui ont fait preuve de clarté en appelant à voter pour Emmanuel Macron.

Dire « aucune voix ne doit aller à l’extrême droite » ne suffit pas. Quand l’essentiel est en jeu – notre pacte républicain, la démocratie et l’Europe en prime -, il faut dépasser les clivages partisans et faire le bon choix, le seul choix et le faire savoir.

On ne vote pas pour quelqu’un qui veut se couper de l’Europe. On ne vote pas pour quelqu’un qui porte un projet de régression sociale et économique. On ne vote pas pour quelqu’un qui fait de Poutine son modèle. On ne vote pas pour quelqu’un qui nie le réchauffement climatique. On ne vote pas pour quelqu’un qui veut proposer de rétablir la peine de mort par référendum.

J’en appelle à la mobilisation de tous dans les Yvelines. Dans l’union. Pour que dimanche gagnent la France et l’Europe du progrès, de l’écologie, de la jeunesse, de la souveraineté, de la sécurité et de l’emploi. Soyons au ­rendez-vous »

Alexandra Rosetti, maire UDI de Voisins-le-Bretonneux :

« À titre personnel, je voterai pour Emmanuel Macron. »

Karl Olive, maire DVD de Poissy :

« Le 24 avril, c’est le choix de la France qui avance et qui rassemble, face à une France qui se referme et qui divise. Le 24 avril, c’est le choix de la confiance face à une France de la défiance. Le 24 avril, c’est le choix, vous le savez, c’est le choix de la France responsable face à la France imprévisible, c’est le choix de la France qui nous rassemble finalement. Alors, cette France-là, c’est la France d’Emmanuel Macron évidemment. Votez Emmanuel Macron le 24 avril, en confiance et en responsabilité. Votez et faites voter ­Emmanuel Macron. »

Sami Damergy, maire DVD de Mantes-la-Ville :

« Une abstention encore trop importante ! Un vrai danger pour la démocratie ! Mobilisons-nous pour faire face au Rassemblement National ! Non à l’extrême droite ! »

Crédits photo : Illustration / La Gazette de Saint-Quentin en Yvelines