Un tournant inattendu. Le 12 avril, une réunion publique ayant réuni une vingtaine de personnes était organisée en mairie pour présenter l’Opération programmée d’amélioration de l’habitat dans le cadre du renouvellement urbain en centre-ville (Opah-RU). Principalement financée par l’Agence nationale de l’habitat (Anah), elle concerne les communes des ­Mureaux, Limay, Meulan-en-­Yvelines et de Mantes-la-Jolie.

Comme l’a rappelé Hicham Boubetra, chef de projet pour l’association Soliha Yvelines Essonne visant à l’amélioration de l’habitat, ce dispositif vise notamment à améliorer l’accessibilité des logements pour les personnes âgées ou handicapées et à lutter contre « l’habitat indigne » en accompagnant les propriétaires et copropriétaires privés dans la rénovation de leurs biens âgés de plus de 15 ans. La réunion de présentation a cependant surtout été marquée par l’exaspération de certains copropriétaires vis-à-vis des mauvais payeurs.

« Quand il y a des mauvais payeurs, forcément les autres payent pour eux. Cela ne les incite pas à payer et les bons payeurs, finalement, arrêtent de payer. On se retrouve donc un petit nombre à payer et cela devient compliqué de le faire », explique un copropriétaire tandis qu’un autre, implanté au niveau de la rue Paul Doumer, parle de « spirale infernale » entraînant la dégradation des biens immobiliers.

« Mon appartement vaut aujourd’hui zéro [euro] alors qu’il valait 100 000 euros !, s’exclame-t-il, visiblement furieux. Des appartements ont été vendus 130 000 euros dans cette résidence. Aujourd’hui, si on m’en donne 15 000 euros, on me fait un don ! » Dans la copropriété en question, il estime que sur les 21 copropriétaires, « un quart » sont des mauvais payeurs.

« Ce n’est pas un dispositif coercitif », affirme Hicham Boubetra, chef de projet de l’association Soliha Yvelines Essonne, en précisant ne pas avoir « la responsabilité juridique de gérer la copropriété ».

À la question de savoir comment l’Opah-RU lutte contre les impayés de certains copropriétaires, la réponse de Hicham Boubetra est formelle. « J’entends bien la problématique sur les copropriétés. Malheureusement, le dispositif est un dispositif incitatif qui permet de vous accompagner. Ce n’est pas un dispositif coercitif qui peut faire à la place du [conseil] syndic[al] ou de l’administrateur judiciaire », affirme-t-il en précisant ne pas avoir « la responsabilité juridique de gérer la ­copropriété ».

« La problématique de la copropriété qui dysfonctionne c’est en premier lieu un problème de droit privé entre copropriétaires qui ont un conseil syndical, bon ou pas bon, et qui mettent en place un bon fonctionnement de copropriété ou pas », tranche un représentant de l’aménageur Citallios présent dans la salle alors que le ton commence à monter chez un copropriétaire.

« Le dispositif qui vous a été expliqué intervient précisément pour dire : « on va tâcher, quand on n’arrive pas trop tard, de mettre de l’argent public pour aider les copropriétaires qui, eux, payent leurs charges pour faire en sorte qu’ils ne restent pas tout seuls à payer », poursuit Boris Venon (PS), adjoint à l’urbanisme. Pour certaines copropriétés, ce sont des sommes folles parfois qu’il faut mettre sur la table et vous n’avez pas les moyens de votre côté de faire cela tout seul. »

L’élu de la Ville à l’urbanisme n’est également pas opposé à l’idée ­d’organiser éventuellement « une réunion spécifique » pour les résidences dont il est question afin de tenter de résoudre ce problème. Sur celle que se partagent 21 copropriétaires, Hicham Boubetra affirme que la situation se règle progressivement. « Là aujourd’hui je peux vous dire que la copropriété est en train d’avancer dans le bon sens, que les mauvais payeurs sont suivis, sont reçus. On fait des rendez-vous avec eux […] et on travaille ardemment à ce qu’on puisse faire le redressement de la copropriété sur la réduction des charges de chaque copropriétaire et sur les économies à faire », déclare-t-il. Les copropriétaires ne semblent néanmoins pas tous convaincus de l’issue qui sera apportée.