Des bouées gonflables et des frites de piscine. Ces objets raviveront les souvenirs d’enfance du public qui viendra, du 13 mai au 25 septembre, à la maison et au parc du Moussel. C’est en tout cas l’un des buts de l’œuvre Inflatabowl conçue par l’artiste plasticien Laurent Perbos pour la 25e édition de Sculptures en l’île. Bien que sa création se réfère au monde de l’enfance et du jeu, Laurent Perbos confie également qu’elle peut être perçue comme une critique de la société de consommation.

« Il y a deux lectures. Il y a le bord de mer, l’exotisme et tout ça [avec les jeux d’enfants] mais c’est aussi la consommation de masse et le tourisme de masse qui est un peu dénoncé », résume l’artiste de son œuvre en expliquant que la surconsommation est notamment symbolisée par les bouées qui jaillissent de l’ensemble des fenêtres situées à l’étage.

Quant au fait d’être parfois associé à « un artiste un peu pollueur », Laurent Perbos se défend. « Moi je ne dis pas que je suis un artiste pollueur mais, de fait, effectivement, comme je vais me fournir ma matière première dans les grandes surfaces, cette question-là se pose […], explique-t-il. Mais moi, en fait, je ne pollue pas plus que les grandes surfaces. »

En plus d’Inflatabowl, l’artiste présente aussi pour l’événement une œuvre en gare de Saint-Lazare intitulée Invert Pyramid ainsi que deux autres, à Andrésy, au niveau du parc de l’hôtel de ville et de la place du 8 mai 1945. Elles sont respectivement appelées Florides Flyerfly birds et Table de ping pong. « J’ai tout un pan de mon travail où je déforme la caractéristique d’un objet déjà existant […] ou j’opère des déplacements », affirme-t-il de cette dernière en précisant que les tables de ping pong seront disposées en quinconce de manière à former une coquille « d’escargot ».

C’est notamment l’idée de travailler à partir d’équipements sportifs qui a conduit Baudoin Lebon, commissaire artistique à Sculptures en l’île, à choisir Laurent Perbos en tant qu’artiste d’honneur de la nouvelle édition de l’événement. « Il y avait l’idée de la prévision des Jeux Olympiques 2024 et je trouvais que son travail est quand même très ludique », affirme-t-il en pensant notamment à une œuvre éphémère de l’artiste conçue en 2021 à l’occasion de la Nuit blanche et représentant un terrain de tennis sur les marches de la bibliothèque nationale François Mitterrand, à Paris. En plus de Laurent Perbos, dix autres artistes présentent aussi leurs œuvres pour Sculptures en l’île.