Que deviendra le secteur de 7 ha entourant les anciennes écluses, désaffectées depuis 1960 et dont les derniers salariés de Voies navigables de France (VNF), gestionnaire du site, ont quitté les lieux en 2019. L’établissement public espère lancer avant les vacances d’été un appel à projets afin d’en définir le devenir. Dans ce cadre, la Ville a lancé jusqu’au 15 mai une concertation pour inviter les Muriautins à faire part de leurs aspirations. Mais si VNF espère pouvoir développer une activité économique en lien avec le fluvial, la Ville pousse plutôt pour un aménagement avec une dimension environnementale très forte.

« Vous avez là un des deux territoires extrêmement intéressant d’un point de vue de la faune et de la flore qui se rapproche de la qualification d’un territoire Natura 2 000, appuie l’adjoint muriautin à l’éco-ville, Michel Carrière, le 20 avril. C’est-à-dire qu’il y a des espèces végétales, animales et insectes particulièrement intéressantes, ce qui fait que quelque projet qu’il y aura sera tenu de ­respecter cette spécificité. »

Devant la dizaine de personnes présentes, il explique le dilemme auquel est confronté la municipalité : « Si la Ville répond à l’appel à projets et que VNF souhaite instruire ce projet, il est évident qu’on ne peut pas être juge et partie, donc nous ne serons pas autour de la table […] pour décider les projets qui seront lauréats […]. Si nous ne remettons pas de projet, nous aurons le droit d’être autour de la table et d’exprimer nos souhaits. »

« Vous avez là un des deux territoires extrêmement intéressant d’un point de vue de la faune et de la flore qui se rapproche de la qualification d’un territoire Natura 2 000 », appuie l’adjoint muriautin à l’éco-ville Michel Carrière le 20 avril.

Il précise des doléances déjà exprimées : « Nous avons souhaité en tant que commune dire à VNF qu’il ne nous intéresserait pas d’avoir de l’industriel puisque ça voudrait dire amener une activité qui pourrait être polluante […] Il y a une zone piétonne qui est inscrite à la région […] on ne veut pas que cela devienne un lieu où il y aura 200 voitures tous les week-ends. » Pour aménager la zone, l’élu évoque comme possibilités un bateau-restaurant amarré aux berges, des projets pédagogiques pour les 22 groupes scolaires autour de la nature ou encore des projets liés aux énergies renouvelables, ­notamment des hydroliennes.

« Des sites comme ça, qui ont un passé industriel, d’activités, qui finalement peuvent être reconvertis pour continuer à faire un peu d’activités on n’en n’a pas beaucoup le long de la voie d’eau, souligne Dominique Ritz, directeur territorial du bassin de la Seine et Loire aval chez VNF. […] On a des sollicitations d’acteurs économiques qui ont envie, qui nous disent […] est-ce qu’on ne pourrait pas utiliser vos terrains pour faire ici nos activités d’approvisionnement de chantiers en matériaux, en matériel, pour faire de la production ­d’énergie ? »

Lui se montre rassurant quant à la future dimension environnementale du site. « On voit bien qu’il y a des endroits qu’on va pouvoir préserver parce que probablement ils n’intéresseront pas les acteurs économiques, il y aura des risques, on est en zone inondable », relève Dominique Ritz. Les deux parties insistent cependant sur la nécessité d’avoir un projet rondement ficelé en matière de rentabilité économique.