Le 5 mai, un conseil municipal extraordinaire s’est tenu. Il s’agissait pour les élus de se prononcer sur la création d’un Zone d’aménagement différé (ZAD) en entrée de ville et au Sud des Roussières. C’est sur cette deuxième ZAD qu’est prévue la construction d’une prison, désormais jugée Opération d’intérêt national par l’Etat. Pour l’édile Michel Lebouc (DVG), l’objectif de cette réunion était clair et visait à rendre un avis défavorable à cette création.

« Sur les parcelles du Sud des Roussières où il y a un projet de maison d’arrêt, je vous propose d’émettre un avis défavorable du conseil municipal », lance le maire. Sa déclaration n’est pas passée inaperçue auprès du conseiller municipal d’opposition, Nicolas Laroche (Modem). « Si j’étais positif, je dirais « tant mieux », tant mieux pour cette position que, je pense, on pourrait partager. Si j’étais plus taquin, je dirais « enfin ». Vous auriez certainement pu avoir ce type de propos dès l’annonce du projet », déclare l’élu d’opposition. « Il n’y a pas d’enfin, j’ai toujours porté la même chose », répond l’édile qui avait rappelé en début de séance qu’il « peut comprendre l’intérêt général mais qu’en tout état de cause, [son] but et [son] rôle aujourd’hui c’est de défendre l’intérêt des Magnanvilloises et des Magnanvillois ».

Néanmoins, Michel Lebouc préfère rappeler que l’impact de cette délibération sur l’État est à nuancer. Selon l’outil de l’aménagement visant à accompagner les collectivités dans leur aménagement du territoire, Cerema, « l’institution d’une OIN donne lieu à la consultation […] des communes […] dont le territoire est inclus dans tout ou partie du ­périmètre de l’opération. »

« En gros, l’État nous demande notre avis. Ce n’est qu’un avis. Ils feront ce qu’ils veulent par rapport à cela […]. Je redis ici, ce soir, que l’État est le seul décideur », explique l’édile. Selon le Cerema, « entre le début du projet de la ZAD et la création effective de cette ZAD, le préfet peut [effectivement] toutefois prendre un arrêté délimitant le périmètre provisoire de la zone qui lui permet, pendant cette période transitoire, d’exercer un droit de préemption dans ce périmètre ou de désigner un autre titulaire de ce droit ».

« [La délibération en conseil municipal] ne me rassure pas plus, confie Patrick Magny, vice-président de l’association Tous mobilisés contre une prison à Magnanville (TMCP). Qu’il y ait une opposition ou pas d’opposition, c’est l’État qui est maître. »