Dimanche 15 mai, 20 h. Alors que l’orage éclate au-dehors, à l’intérieur, le dépouillement des bulletins exprimés lors de l’élection municipale partielle débute dans les 21 bureaux de votes mantais. Scrutin qui ne comprendra qu’un seul et unique tour, puisque le maire démissionnaire, Raphaël Cognet (DVD), a été élu avec 51,15 % des voix. La liste conduite par Jean-Luc Santini (LR) obtient 30,74 % des voix, et celle de Guillaume Quévarec 10,74 % et viennent compléter le futur conseil municipal. Les listes de François Gerber (4,37 %), Marc Jammet (2,32%) et Thierry Gonot (0,68%) ne seront pas représentées.

Alors que la participation s’élevait à 10,10 % à la mi-journée, elle a finalement atteint 42,49 % à la fermeture des bureaux de vote, contre 27,44 % en 2020. « Il y a eu un sursaut de mobilisation, on ne sait pas comment l’interpréter », relève Sidi El Haimer (LR), maire par intérim et colistier de Jean-Luc Santini.

Dans les deux bureaux de l’hôtel de ville, la tendance s’esquisse rapidement. La première centaine dépouillée du bureau n°1 donne 69 voix à Raphaël Cognet, 16 pour Guillaume Quevarec, 13 pour Jean-Luc Santini et 2 pour François Gerber. Une heure plus tard, le dépouillement se termine dans ce bureau et le score est sans appel : 331 voix pour l’ancien maire démissionnaire, 70 pour Guillaume Quévarec, 51 pour Jean-Luc Santini, 13 pour François Gerber, cinq pour Marc Jammet et deux pour Thierry Gonnot.

Petit à petit, le hall d’entrée de l’hôtel de ville se remplit. Fébriles, par petits groupes, chacun fixe l’écran de son téléphone, alors que les résultats arrivent au compte-goutte. L’hypothèse d’une victoire dès le premier tour commence à se répandre sur les lèvres. Le centre-ville et Gassicourt ont largement plébiscité Raphaël Cognet, qui obtient respectivement 65,22 % et 60,49 % des voix. Au Val Fourré, c’est Jean-Luc Santini qui arrive en première position avec 55,38 % des suffrages, contre 30,83 % pour Raphaël Cognet. L’« effet Mélenchon » aperçu lors des élections présidentielles ne s’est donc pas concrétisé, Guillaume Quévarec récoltant 6,32 % des ­suffrages.

« Je félicite la liste arrivée en tête et je souhaite le meilleur à tous les Mantais », déclare peu avant 23 h Sidi El Haimer, après la proclamation des résultats, entouré des membres de la majorité.

« Je félicite la liste arrivée en tête et je souhaite le meilleur à tous les Mantais », déclare, peu avant 23 h, Sidi El Haimer, après la proclamation des résultats, entouré des membres de la majorité. Le hall lui exulte et scande : « Raphaël, Raphaël ! » Le principal intéressé s’offre un bain de foule express avant de repartir à sa permanence. « Les Mantais ont clairement montré leur besoin de prendre leur destin en main et d’aller de l’avant », a-t-il réagi sur ses réseaux sociaux.

Ses opposants l’ont également félicité à l’instar de Guillaume Quévarec, « heureux » de l’issue du scrutin. « Nous on va être une opposition, je l’ai dit à Raphaël Cognet, vigilante mais constructive, souligne-t-il, son résultat lui permettant d’obtenir deux élus. […] Il faut qu’il tienne ses promesses, […] pour faire un audit de la ville pour arrêter la bétonnisation de la ville, sur ce sujet-là on est d’accord. Il y a d’autres sujets où on ne sera pas d’accord. »

Avec 2,32 % des voix, Marc Jammet et son groupe ne seront pas représentés au conseil municipal. « Je sais que les circonvolutions politiques passent aussi par des échecs, des mouvements, des lames de fond qu’on ne maîtrise pas, mais effectivement, ça peut être ressenti de manière injuste par nos [colistiers], qui ont travaillé, mis en cause le système Bédier, tous se font rattraper par une lame de fond anti-Bédier, analyse-t-il. […] Je pense que c’est un règlement de compte à droite et que donc tous les électeurs de gauche qui ont voté ont cru voter pour dégager le système Bédier et en fait ils le laissent en place. »

« Le peuple a toujours raison, c’est le principe de l’élection, a commenté le président du Département et colistier de Jean-Luc Santini, Pierre Bédier (LR). Un seul vœu : qu’il ait eu vraiment raison… Seul l’avenir nous dira si un ambitieux sans scrupule et dont la nouvelle équipe découvrira l’égoïsme peut faire un élu jouant collectif et dévoué au bien public […]. La suite au prochain épisode. » Contacté, Jean-Luc Santini n’a pas répondu dans les délais impartis à publication.