Le site buchelois de Linxens, implanté depuis 40 ans, n’en finit pas de grandir. Grâce à 5 millions d’euros d’investissements, l’entreprise spécialisée dans la fabrication de microconnecteurs pour cartes à puces (la partie dorée d’une carte bancaire, Ndlr), produira un capteur biométrique pour équiper entre autres les cartes bancaires nouvelle génération.

Déjà utilisée pour les passeports ou le déverrouillage de son téléphone portable, l’empreinte biométrique permettra de sécuriser les paiements sans contact, car même s’ils sont limités à 50 euros, en cas de vol il est toujours possible d’utiliser la carte bancaire. « Vous allez poser votre doigt sur un capteur biométrique, comme sur votre téléphone, détaille Arnaud Brunetière, directeur des opérations chez Linxens. Vous allez approcher la carte du terminal de paiement et cela va déverrouiller la carte […] parce que votre empreinte digitale va faire office de code pin. »

En France, deux banques expérimentent cette technique depuis environ un an, BNP Paribas et le Crédit agricole. Pour enregistrer son empreinte, deux options sont possibles, explique Arnaud Brunetière : « Soit vous allez directement en agence et on va vous aider à enregistrer votre empreinte biométrique, […] soit on vous envoie un petit kit par La Poste et puis vous le faites à la maison. »

L’an dernier, Linxens a produit 1,5 milliard de microconnecteurs classiques. Concernant ces nouveaux capteurs biométriques, Arnaud Brunetière voit une production de « quelques millions l’année prochaine, quelques dizaines de millions l’année d’après ». D’autres utilisations sont possibles, par exemple comme badges d’accès afin de pouvoir « rentrer sur des sites très, très sécurisés, militaires ou encore les ­data-centers ».

Le site buchelois et ses 300 salariés ont été choisis pour leur expertise, en termes de recherche et développement. Le développement de ces capteurs biométriques s’est traduit par la création d’une salle blanche, « qui est contrôlée en humidité, en propreté d’air », détaille Arnaud Brunetière de mettre de nouvelles machines. Une dizaine de postes sont ouverts au recrutement, pour des métiers ­d’opérateurs ou d’ingénieurs.

En parallèle, le site buchelois a récemment obtenu la certification ISO 13485;2016, lui permettant de concevoir et fabriquer des composants pour des dispositifs médicaux. « Le médical est un secteur qui vit aujourd’hui une véritable transformation, avec l’arrivée des nouvelles technologies dont les usages peuvent être multiples », relevait Arnaud Brunetière dans un communiqué de presse.