Le dernier conseil municipal triellois a encore une fois été mouvementé. La séance du 22 juin, diffusée en direct, a été paralysée pendant plus d’une heure juste après l’appel des élus. Tout a commencé après que le maire, Cédric Aoun (SE), ait mis aux voix une mesure de huis clos qui empêche le public d’assister aux débats dans la salle. Prise de court par cette décision, motivée « pour la sécurité des agents », une partie des spectateurs a refusé de sortir.

Cédric Aoun justifie cette décision par les événements qui ont émaillé le conseil municipal du 23 mars dernier. Ce soir-là, plusieurs hommes, « défavorablement connus des services de police pour trafic de stupéfiants, violences, rebellions » selon l’adjoint à la sécurité Pascal Gilles, ont perturbé la séance du conseil municipal et agressé un policier en quittant l’Espace Senet. « En arrivant, nous avons repéré les mêmes personnes regroupées sur le parking, assure l’édile triellois qui indique avoir été victime de tentatives d’intimidation après leur passage en garde à vue. On a décidé de voter le huis clos de manière à pouvoir assurer le bon déroulement de la séance. »

Une fois la mesure votée à la majorité, le maire a prié la dizaine de personnes installées au fond de la salle de quitter les lieux, mais une partie d’entre eux, notamment des élus de l’ancienne équipe municipale, sont restés scotchés à leurs sièges.

« On n’a jamais vu ça à Triel », s’indigne, après coup, Frédéric Spangenberg, maire adjoint dans l’ancienne équipe municipale qui était présent dans l’assemblée. Pour nous, ce n’était clairement pas justifié puisqu’aucun de ces protagonistes n’était présent dans la salle cette fois. » L’opposition, à l’exception de Jonas Maury, s’est également soulevée contre ce huis clos. Yvon Rosconval et Sophie Kérignard ont, eux, dénoncé « une atteinte à la démocratie » et « un abus de pouvoir » du maire. Après plusieurs injonctions ignorées, le maire a finalement fait appel à la police nationale pour évacuer la salle. Trois patrouilles sont arrivées en renfort des policiers municipaux.

D’après les éléments rapportés par tous les acteurs de cette soirée, cette intervention s’est déroulée dans le calme. « On nous a expliqué qu’il y avait deux solutions, soit le conseil était ajourné soit on partait pour que la séance puisse reprendre : en bons démocrates nous avons laissé place à la démocratie », raconte Frédéric Spangenberg. En conflit ouvert avec le maire, qui a critiqué leur gestion financière de la Ville dans une parution du magazine municipal, les ex-élus supposent que c’est bien leur présence qui dérangeait. Une théorie que l’édile dément ­formellement.

« On veut faire croire que nous sommes en collusion avec des jeunes qui foutent le bordel, c’est insultant et diffamatoire », peste l’ancien adjoint qui, avec cinq autres spectateurs éjectés, a porté plainte contre Cédric Aoun pour diffamation.

Crédits photo : CAPTURE ÉCRAN – FACEBOOK VILLE DE TRIEL-SUR-SEINE