Leur dernière tentative de vol les aura conduits directement en prison. Jeudi 25 août, deux hommes de 30 ans comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Versailles après avoir été pris en flagrant délit, quatre jours plus tôt, dans un entrepôt de matériels informatiques situé aux Mureaux. L’audience devant les juges a permis d’établir la culpabilité de l’un d’entre eux dans un important cambriolage survenu dans les mêmes locaux durant le mois de juin.

Il est un peu plus de 17 h, ce dimanche 21 août lorsque les caméras de vidéo-surveillance de la société Devitech détectent la présence de deux hommes dans son entrepôt de stockage situé rue Jean Jaurès. Averti par le système de sécurité de l’entreprise qui vend des ordinateurs et des composants informatiques reconditionnés, l’opérateur de télésurveillance enjoint immédiatement la police à se rendre sur place.

En arrivant, les forces de l’ordre constatent qu’une Audi A3 est garée devant l’entrepôt et que la porte coupe-feu située à l’arrière du bâtiment a été forcée. « Les intrus ont secoué fortement la porte puis ont déposé de l’adhésif sur la serrure pour tromper le système », rapporte la juge des constatations faites sur place. Alors qu’ils sentent l’étau se resserrer, les deux cambrioleurs abandonnent leur plan et tentent de prendre la fuite les mains vides. L’un d’eux est immobilisé après avoir bousculé un policier tandis que son complice, lui, escalade le grillage de l’entreprise et traverse la voie ferrée pour disparaître derrière le passage d’un train. C’est une patrouille arrivée en renfort qui ­finira par le retrouver caché dans un buisson. « Il aura fallu que les policiers le menacent d’utiliser leur taser pour qu’il se rende », souligne la juge.

En conduisant les deux intrus au commissariat pour les auditionner, les enquêteurs n’ont qu’une question en tête : les deux hommes sont-ils les mêmes qui, au mois de juin, avaient mené un important cambriolage dans le même entrepôt avec le même mode opératoire ? Dans la nuit du 12 au 13 juin, des individus avaient subtilisé une grande quantité d’ordinateurs et de composants informatiques pour un préjudice d’un montant estimé à près de « 200 000 euros », par ­l’entreprise Devitech.

« Les vidéos de ce soir-là montrent deux individus munis de lampes frontales en train de charger des objets sur un chariot jusqu’à 1 h du matin. La même porte avait été forcée », explique la juge avant d’interroger l’un des deux prévenus originaire de Creil (Oise). Concernant sa présence aux Mureaux le soir de son interpellation, ce dernier avoue qu’il cherchait à récupérer des composants informatiques pour les revendre sur Le Bon Coin « pour arrondir [ses] fins de mois ».

Si devant les policiers l’Isarien a toujours nié être à l’origine du casse de juin bien que des cartons de la société aient été retrouvés chez lui, au tribunal il finit par revenir sur ses déclarations en expliquant même avoir repéré les lieux dès le 12 juin. Quand on l’interroge sur la personne qui était avec lui durant le cambriolage, et dont la description physique correspond à celle de son voisin dans le box des accusés, il demande très gêné : « Je suis obligé de répondre ? ». Déjà condamné pour plusieurs faits de vol par le passé, le tribunal de Versailles l’a condamné à vingt mois de détention et révoqué les six mois de sursis qui pesaient au-dessus de sa tête.

Son complice, originaire de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), est resté, lui, beaucoup plus silencieux aux questions des juges. Sur les faits du 21 août, il explique brièvement : « Je suis rentré pour commettre un vol. Le 16 août aussi mais finalement on s’est rétracté ». Son domicile, lui, n’a pas pu être perquisitionné faute d’avoir pu obtenir sa véritable adresse durant l’enquête. Il a été condamné à une peine de six mois de prison ferme assortie d’un an de sursis probatoire pendant deux ans.