C’est une « rentrée sous le signe du numérique et du développement durable et une politique très ambitieuse pour nos collégiens comme l’a voulu le président Bédier », a lancé d’emblée Cécile Dumoulin, vice-présidente déléguée aux collèges et au numérique scolaire, lors de la conférence de presse de rentrée du Département des Yvelines. L’élue a profité de l’occasion pour annoncer la mise en place du cartable numérique e-Sy dans les collèges, ainsi que d’autres mesures notamment en faveur du développement durable dans les 115 établissements que gère le Département.

Dans un premier temps, le département des Yvelines avait équipé tous les collèges du Très Haut Débit (THD), préalable essentiel pour pouvoir travailler dans de bonnes conditions. Porté par son opérateur de services numérique, Seine-et-Yvelines Numériques (SYN, lire encadré), une expérimentation sur les équipements individuels mobiles (EIM ou cartable numérique) a été menée dans 17 établissements depuis 2020. « Forts des retours positifs des enseignants, directeurs, élèves et parents, nous avons pris la décision de les développer sur tout le territoire yvelinois », a souligné Cécile ­Dumoulin.

Durant cette première phase de déploiement, seuls 21 collèges (sur les 115 que comptent les Yvelines) vont recevoir des tablettes. « Le choix peut paraître arbitraire, a précisé la vice-présidente, mais le coût est très élevé (au maximum 120 millions d’euros au total en 6 ans). Nous avons donc choisi un collège par canton, parmi les plus enthousiastes à se lancer dans cette aventure. » Parmi eux se trouvent le collège Jean Lurçat (Achères), le collège Arthur Rimbaud (Aubergenville), le collège Benjamin Franklin (Epône), le collège Henri IV (Meulan), le collège Sully (Rosny-sur-Seine), et enfin le collège Jean-Zay (Verneuil-sur-Seine).

Ces e-Sy sont équipés d’une coque, d’un clavier et de logiciels spécifiques adaptés à l’environnement éducatif. Ils ont un accès sécurisé à internet en classe et au domicile.

Du côté des enseignants qui vont pour la première fois utiliser ce nouvel outil cette année, l’enthousiasme est de mise. Caroline Allaire et Gaëlle Guerin, professeures de SVT, et Manon Raybaut, professeure d’anglais y voient déjà « une continuité avec la mallette numérique. Ce sera cependant beaucoup plus simple à installer et à utiliser. Cela nous permettra de faciliter un certain nombre d’apprentissages ».

De gauche à droite, le maire du Chesnay, Richard Dellepierre (DVD), le principal du collège Charles Peguy, Alex Berasateguy et la vice-présidente du conseil départemental Cécile Dumoulin (LR).

D’autant que dans un premier temps, – « en partenariat étroit et essentiel avec l’Éducation Nationale », précise Cécile Dumoulin -, les enseignants sont formés à l’usage des tablettes avant que les élèves ne se les approprient. Les collégiens devraient recevoir leurs tablettes au retour des vacances de la Toussaint. Des ressources pédagogiques sont également mises à disposition des professeurs.

Afin de rassurer les parents sur une utilisation abusive des tablettes, « un logiciel de sécurité a été installé. Ils ne peuvent pas faire de téléchargements. Les parents peuvent également déconnecter la tablette le soir. Nous allons également proposer une formation à la « parentalité numérique » avec une édition spécifique des Incollables », a par ailleurs déclaré Cécile ­Dumoulin.

Et ce plan de déploiement ne concerne pas que les collèges des Yvelines. Le Département propose à toutes les communes qui le désirent de les aider à équiper leur CM1 et CM2 « pour assurer une véritable continuité avec le collège. C’est une solution clé en main que nous proposons pour réduire efficacement la fracture numérique », a expliqué l’élue du Département.

Toujours dans le cadre de cette rentrée 2022-2023, sur le volet du développement durable, le Département se lance cette fois-ci dans un vaste plan de végétalisation des cours de ses collèges pour y créer de véritables ilots de fraicheur. « Une expérimentation est en cours et nous comptons réaliser une dizaine de chantiers par an entre 2023 et 2027 », a affirmé l’élue. Et cette première expérience s’est déroulée dans la cour de récréation du collège du bois d’Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine. Les espaces extérieurs ont été massivement végétalisés. Les sols de la cour de récréation ont été remplacés par des matériaux innovants et perméables.

Une véritable réflexion a également été mise en œuvre sur la sobriété énergétique des établissements, car les collèges représentent 21 % de l’impact carbone du Département. « Face à ce constat, le président Bédier a souhaité que les Yvelines soient exemplaires dans ses nouveaux projets immobiliers, en particulier pour les futurs collèges », a souligné Cécile Dumoulin. Depuis 2021, les 24 collèges les plus énergivores font l’objet de travaux d’amélioration de la performance énergétique. Quinze collèges vont faire l’objet d’une reconstruction pour atteindre un haut niveau d’exigence environnementale d’ici 2026 (Coût : 525 millions d’euros).

Quelques chiffres

-115 collèges publics et privés
-100 % de collèges en THD, wifi et service de vidéo-protection

-130 000 élèves et enseignants sont concernés par ce projet sur l’ensemble du territoire yvelinois :
-74 000 élèves et enseignants au sein des collèges publics,
-17 000 élèves et enseignants au sein des collèges privés sous contrat,
-39 000 élèves et enseignants de CM1 et CM2.

Bertrand Coquard, président de SYN

Seine et Yvelines numérique (SYN) est l’opérateur interdépartemental en charge du développement des services numériques pour les Yvelines et les Hauts-de-Seine-, « Nous n’équipons pas en tablette juste pour dire que nous mettons des tablettes à disposition, explique Bertrand Coquard. Qu’est-ce qu’on en fait ? Comment les utilise-t-on ? Quels sont véritablement les aspects éducatifs ? Quels sont les freins ? … Comment peut-on réduire la fracture numérique ? L’objectif est de tout mettre en place pour que cet outil soit le plus efficace possible. Cela passe par la formation des professeurs, en partenariat avec l’Éducation nationale et le Dasden, les ressources pédagogiques mises à disposition, le débit, l’équipement des élèves et des écoles, etc. Par ailleurs, cela peut également favoriser l’apprentissage différencié. Avec la baisse généralisée du niveau scolaire, les efforts sont portés sur les élèves les plus en difficulté. Or, il est important d’accompagner aussi les bons élèves. Avec ce genre d’outils, on peut plus facilement leur donner du travail, adapté à leurs besoins spécifiques. »

« Désormais, nous portons l’investissement aussi sur le bloc communal, précise Bertrand Coquard. Le Département propose des tablettes dès le CM1 et ce, jusqu’à la 3e. Certaines villes se montrent d’ores et déjà très intéressées car elles n’ont pas les moyens de porter seules ce genre d’investissements. Nous avons d’ailleurs vu à quel point cela pouvait être utile en cas de pandémie pour l’apprentissage à la maison, mais plus largement, l’équipement numérique des Ehpad par exemple, a permis de rompre également avec l’isolement des ­personnes âgées ».