La mauvaise surprise de la rentrée. Alors que les prix de l’énergie s’envolent inexorablement depuis plusieurs mois, quelques 2 000 locataires yvelinois du bailleur social Seqens vont devoir faire face à une hausse spectaculaire de leurs provisions de charges liées au chauffage et à l’eau chaude. En vallée de Seine, cette mesure concerne plus de 1 000 logements.

En juillet dernier, les locataires des résidences bénéficiant du chauffage collectif au gaz ont découvert un prospectus envoyé par leur bailleur les informant de l’importante hausse à venir sur les quittances de loyer. Dans ce dernier, Seqens explique que si au cours des dernières années, il « avait fait le choix d’acheter directement le gaz auprès de fournisseurs avec un coup d’achat fixé très bas », ses nouveaux marchés sont dorénavant impactés par l’inflation. Et que ce changement allait donc se répercuter sur le montant des provisions de charges à partir du mois de septembre.

Pour autant, pour bon nombre de résidences la note est particulièrement salée comme le dévoile Rhina Constable, présidente de l’association du logement de la Coudraie à Poissy : « J’ai vu des avis d’échéance avec des charges qui passent de 8,35 euros à 73,37 euros à partir de septembre ou encore 6,35 euros à 55,14 euros ». Cette dernière, se dit « outrée » devant ces chiffres et reproche notamment au bailleur de ne pas avoir anticipé pour « lisser » l’augmentation dans le temps.

« Aujourd’hui nous ce qu’on veut c’est un plafonnement à 50 euros, là aujourd’hui il y a une augmentation XXL, alors que les salaires eux ne sont pas triplés, il faut le quoi qu’il en coûte pour ces quartiers HLM », lance Rhina Constable qui est également membre du comité de suivi des charges chez le bailleur Seqens.

Elle poursuit : « On a déjà des locataires en difficulté à cause du Covid, des locataires qui ont perdu leur logement, qui ont des difficultés financières et c’est là que, pour un bailleur social, le mot social doit avoir du sens et aujourd’hui on n’y est pas, les lettres de mise en demeure partent automatiquement, c’est lamentable ». L’association réclame également que tous les justificatifs de cette hausse de charge lui soient fournis.

Interrogé, Seqens se dit « conscient » des difficultés qu’une telle augmentation des provisions de charge va engendrer pour ses locataires et précise que le groupe s’est rapproché des Villes et des CCAS « afin d’identifier rapidement les locataires en difficultés et à les accompagner au mieux dans leurs démarches ».

« Seqens a bénéficié d’un prix de la molécule de gaz très compétitif jusqu’à la fin de l’année 2021 (18,66 euros HTT/MWh), bien en dessous donc du niveau du bouclier. Le contrat a pris fin le 31 décembre 2021, entraînant une forte augmentation des tarifs : le prix moyen d’achat de la molécule de gaz entre janvier et septembre 2022 est de 109 euros HTT/MWh, se défend le bailleur social. Ce prix est ensuite diminué par le bouclier tarifaire avant d’être refacturé à nos locataires puisque le gouvernement a étendu le dispositif aux locataires du parc social ».

Pour compenser cette hausse, Seqens mise sur la rénovation énergétique de son patrimoine. Dans les Yvelines, il prévoit notamment de rénover « 2 000 logements » sur la période 2022-2025 pour un montant global de « 99 millions d’euros ».