Cela fait des années que cela dure. Des années que les riverains du marché du Val-Fourré subissent des nuisances plusieurs fois par semaine. Plusieurs années que les habitants du quartier des Écrivains prennent leur mal en patience, espérant qu’une solution soit trouvée rapidement.

Mais aujourd’hui, ils n’en peuvent plus. Ils ont donc décidé de prendre l’initiative pour que les choses bougent enfin. Voilà un peu plus d’une semaine, dimanche 18 septembre, des habitants de ce quartier du Val-Fourré à Mantes-la-Jolie se sont réunis devant le gymnase Lecuyer pour évoquer les nuisances provoquées par le marché. Ils ont pu compter sur le soutien de membres de l’association Écri20 à vie pour structurer leurs demandes et réclamations.

« Le souci dure déjà depuis cinq ans, explique Marcus Camara, l’un des membres de l’association. Les gens en ont véritablement marre des problèmes liés notamment au marché. Entre les incivilités des commerçants et des visiteurs, les odeurs d’urine, les problèmes de stationnement et les verbalisations pouvant aller jusqu’à 135 euros pour les riverains, nous sommes pris à la gorge. Nous avons donc décidé de nous réunir, dans le calme, en paix, pour recueillir le ressenti de chacun. Car il faut bien comprendre que les habitants du quartier des Écrivains deviennent fous. »

Alors, dans un communiqué envoyé à la presse, les habitants expliquent leur position. « Suite à notre réunion publique du dimanche 18 septembre 2022, nous, habitants du quartier des Écrivains à Mantes-la-Jolie, nous avons évoqué 3 grands axes ». Et ils détaillent ainsi les trois axes abordés : « Premièrement, le Marché du Val-Fourré. Le constat des habitants est accablant. Le marché du Val-Fourré qui a lieu les mardis, vendredis et dimanches pourrit la vie des habitants. La fermeture des rues de 7 heures à 23 heures 30, contraint les habitants de faire de gigantesques détours pour accéder à leurs domiciles. Le stationnement incessant des visiteurs du marché dans le quartier. Les habitants se plaignent de recevoir régulièrement des contraventions pour « stationnement gênant » car leurs places de parking ont été prises par les visiteurs. Les rues concernées sont les suivantes : Nicolas Boileau – Molière – Blaise Pascal – La Bruyère – François Rabelais – Jules Verne – Jean Racine. Les nuisances sonores des services de nettoyage de la ville entre 21 heures et minuit perturbent la tranquillité des habitants. L’odeur nauséabonde sur le bâtiment de la rue Nicolas Boileau car les commerçants et visiteurs urinent constamment là-bas. Le camion-benne de déchets qui stationne de 7 heures à 22 heures dégage une forte odeur qui s’invite dans les appartements des habitants. Le nettoyage partiel des services de la ville. Les déchets se retrouvent aux pieds des immeubles et sur les ­parkings avoisinants. »

Mais comme toujours dans ce genre des réunions, les habitants du quartier des Écrivains en ont profité pour « faire le tour des problématiques que nous vivons au quotidien », souligne Marcus. Et cela concerne notamment la vie de quartier. « Nous avons constaté le délaissement par la ville de Mantes-la-Jolie de notre matériel urbain : un parc avec des équipements défectueux, coupants, dangereux et rouillés. Un terrain de foot et basket dans un état catastrophique, plusieurs blessures ont été constatées », précisent les habitants dans leur communiqué.

Enfin, ils ont relayé également les questions de « propreté. Le manque de poubelles et la fréquence des vidages des poubelles ont également été constatés. Ils sont les causes de la saleté permanente. Comme vous avez pu le lire ci-dessus le marché représente 60 % des problèmes que nous rencontrons du fait de sa fréquence et de sa fréquentation. Ces problèmes existent depuis plusieurs années maintenant. Aujourd’hui nous disons STOP. Nous invitons le maire de Mantes-la-Jolie à se mettre en rapport avec nous afin de trouver des solutions rapides et durables. Si ces conditions de vie inhumaines n’évoluent pas dans le bon sens dans un délai raisonnable, nous serons contraints de bloquer le marché du Val-Fourré pour une durée indéterminée. Comme disait Feu Victor Hugo : « Il vient une heure où protester ne suffit plus : après la philosophie, il faut l’action. » Les habitants des écrivains. »

Jeudi dernier, la municipalité qui ne semblait pas vraiment consciente de l’ampleur de la situation et du phénomène, a effectivement pris contact avec l’association. « Le maire, Raphaël Cognet, m’a appelé aujourd’hui, assure M. Camara. Il m’a dit qu’il allait nous recevoir mais que, en attendant, il avait demandé une remontée d’informations à ses services. Il est fort probable que cette réunion se fera en présence de toutes les parties prenantes, et notamment le gestionnaire du marché, la société Mandon. Nous avons exposé les faits, maintenant nous attendons donc une date. »

Et pour sa part, l’association Écri20 à vie assure qu’elle a déjà « des solutions à proposer. Notre objectif reste de trouver un consensus pour que tout rentre enfin dans l’ordre et qu’il fasse bon vivre au Val-Fourré. Maintenant, il s’agit tout de même de trouver des solutions dans des délais raisonnables », conclut Marcus.

En dernier recours, les habitants du quartier des Écrivains menacent de bloquer le marché. Dans un premier temps, ils ont lancé une pétition en ligne.