Face à la mise en concurrence entre opérateurs, le groupe Transdev a perdu le marché et l’exploitation des lignes de bus de Verneuil, face à Keolis et ses prix cassés. Près de 130 salariés de Transdev ont été transférés vers une filiale de Keolis « Autocars Delion » pour ­l’exploitation des lignes de bus.

Depuis douze mois, les salariés ont alerté à plusieurs reprises la direction sur la dégradation de leurs conditions de travail et la qualité de service. Dans ce contexte, ils ont déposé un préavis de grève illimité relevant tous les manquements de la direction ainsi que leurs revendications. « Notre projet d’accord sur fond d’attractivité, de paix sociale et qualité de service tient sur 6 pages, leurs propositions (la direction, Ndlr) sur 7 lignes, déclarent-ils. Cet accord de substitution va impacter directement la vie professionnelle, sociale et économique de 146 salariés. Les grands groupes sont les premiers coupables du manque d’attractivité de ce métier. À l’heure où l’on doit négocier pour augmenter nos salaires, on se bat pour garder ce qui nous ­appartenait déjà. »

La manifestation a eu lieu le 14 octobre dernier, non loin de l’entrepôt de Keolis, en compagnie de Mounir Satouri, député européen et membre d’Europe Écologie Les Verts. « Le combat est juste parce que ces hommes et ces femmes sont précarisés dans un système pervers, reniant les droits des salariés, explique-t-il. Ce système est mis en place par Valérie Pécresse et Île-de-France Mobilités au nom de l’Union européenne et d’ouverture à la concurrence. Ma vraie crainte pour le service public, c’est que non seulement, on n’arrive pas à attirer de nouveaux salariés pour répondre à la pénurie de chauffeurs, mais que certains risquent de partir. C’est un cercle vicieux qui est en train de se mettre en place. Moi, je reproche à ces directions d’avoir abandonné les salariés et la qualité et la sécurité du service face à Île-de-France Mobilités. Nous aurions dû avoir un gros mouvement de protestation, des entreprises, des salariés et des usagers. Nous aurions dû avoir un grand débat public avec les Franciliens pour faire céder Valérie Pécresse sur ce projet, ce n’est pas le cas. Ils auraient dû être là aujourd’hui. Le combat de leur chauffeur, c’est le leur. Votre colère est légitime. Votre adversaire, c’est Île-de-France Mobilités et Valérie Pécresse. J’appelle les associations des usagers à manifester leur soutien aux salariés grévistes et à protester avec eux contre ce ­système. »

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