La communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO) se mobilise pour réduire les consommations d’électricité dans ses équipements. En préambule du conseil de GPSEO, le 20 octobre dernier, la présidente de la communauté urbaine, Cécile Zammit-Popescu (DVD), avait tenu à faire un point d’information aux élus sur le sujet. Informations confirmées, dès le lendemain, dans un communiqué de GPSEO expliquant que la première phase de son plan de sobriété énergétique se concentre aussi en matière d’éclairage public. Son objectif est de s’engager dans une démarche vertueuse de sobriété énergétique, qui permet d’assurer les services rendus aux communes et aux habitants tout en absorbant la hausse des factures d’énergie. GPSEO développe déjà ou s’apprête à lancer des actions pour modérer sa consommation.

« Nous avons pris des mesures immédiates et à moyen terme. Mais ce n’est qu’un point de départ. Le chantier de la sobriété énergétique doit irriguer l’ensemble des politiques et projets pilotés par la communauté urbaine. C’est une exigence pour contenir notre consommation d’énergie mais aussi pour lutter contre le changement climatique », résume Cécile Zammit-Popescu.

Le marché global de performance lancé en 2020, le remplacement systématique des ampoules classiques par des LED, « permettra d’atteindre une réduction des consommations énergétiques de l’ordre de 65 % à l’horizon 2028. La première tranche 2021/2023, prévoit d’équiper en LED plus de 13 000 points lumineux, a précisé la présidente. « Cela représente une réduction de la consommation d’électricité de l’ordre de 9 000 000 Kwh, la consommation annuelle d’une ville de plus de 4 000 habitants », souligne GPSEO.

Cette campagne à moyen terme s’accompagne d’actions plus immédiates comme la limitation ou l’extinction de l’éclairage public. « Tous les maires sont actuellement consultés à ce sujet, en milieu rural comme urbain. Un courrier leur a été adressé pour sonder leurs attentes », a expliqué la présidente lors du conseil de GPSEO. Quatre communes ont déjà mis en place l’extinction nocturne et six sont en cours d’analyse. Cinq communes prévoient une extinction programmée prochainement. Par ailleurs, 10 communes avant même d’être sollicitées étaient intéressées par le dispositif d’extinction et 10 autres se sont manifestées depuis le début de la consultation, continue la ­Communauté urbaine.

« En complément de l’impact énergétique, cette mesure participe également à la lutte contre la pollution lumineuse et à la préservation de la biodiversité et de la santé humaine. Des études montrent que l’absence d’éclairage n’avait pas d’incidence sur l’augmentation de l’insécurité », indique GPSEO dans son communiqué.

Enfin, dans le même esprit de sobriété et dans un souci d’exemplarité, « la Communauté urbaine va limiter la durée des illuminations de Noël à six semaines, du 1er décembre 2022 au 15 janvier 2023, car c’est branché sur l’éclairage public », a souligné Cécile Zammit-Popescu.

Dans les Yvelines, certaines villes ont déjà mis en place des solutions ou des projets à venir pour diminuer leur consommation d’énergie via l’éclairage public. Conflans-Sainte-Honorine ne fait pas exception. Un éclairage public entièrement LED est prévu dans les huit prochaines années. Déjà 20 % ont été installés. À Porcheville, les éclairages publics vont être coupés durant la nuit dans la majorité des rues, entre 23 h et 5 h. Un choix apprécié des habitants traquant déjà eux-mêmes la moindre ampoule allumée selon 78Actu.

Alors que pour certaines communes, les engagements ont déjà été pris, pour d’autres, la décision semble inenvisageable : « Notre première obligation, c’est d’essayer de faire des économies pour pouvoir dégager un peu de moyens pour accompagner les habitants, explique Catherine Arenou, maire DVD de Chanteloup-les-Vignes, le 30 septembre dernier dans une interview sur RMC. Les économies d’énergies ne peuvent pas se traiter de la même manière selon la taille de la commune. Nous avons une population dense, qui marche à pied dans le quartier, avec une gare à proximité, et avec ce sentiment d’insécurité qui est une véritable insécurité quand tout le quartier est plongé dans le noir. Sans compter que nous avons besoin des pompiers et de la police régulièrement. Les forces d’accompagnement du public doivent pouvoir fonctionner dans une ambiance sécuritaire. Quand on est piéton, on ne s’imagine pas devoir se promener à l’aide de son téléphone portable pour voir où vous êtes. Sur des quartiers comme Chanteloup-les-Vignes, ce n’est pas possible d’éteindre l’éclairage public ».

Un récit confirmé par un policier dans un article du Parisien du 5 septembre : « Les policiers ont besoin d’un minimum de lumière pour prévenir les guets-apens. On le voit bien en cas d’émeute urbaine : la première chose que les voyous font, c’est de couper la lumière. Quand nous sommes aveugles, nous sommes vulnérables. »