« Une situation affligeante. » Voici comment, dans un communiqué publié sur Facebook, l’édile SE, Cédric Aoun, décrit la position dans laquelle se trouve le conseil municipal. Comme l’avait relaté La Gazette en Yvelines dans son édition du 9 novembre, cinq maires-adjoints (Valérie Lefuel Duval, Catherine Evano, Bérangère Voillot, Marc Fontaine et Valérie Lenormand) et quatre conseillers municipaux délégués (Pamela Buquet Maire, Florent Béquignon, Fernando Mendès et Amandine Benoist) ont demandé, dans un courrier recommandé du 19 octobre, la tenue d’un conseil municipal extraordinaire pour redonner au conseil municipal des compétences qui avaient été confiées au maire.

« Un homme seul ne peut pas gérer une Ville […]. On a demandé ce conseil municipal non pas pour embêter le maire mais pour redonner au conseil municipal les compétences qu’il avait. On ne va pas tout enlever au maire. On va lui en redonner évidemment […] mais pour tout ce qui est décision financière, bon ben là cela va revenir au conseil, les programmes immobiliers c’est pareil, il faut que le conseil puisse avoir connaissance des différentes propositions pour choisir », déclare, le 14 novembre, une des personnes ayant signé le courrier recommandé mais préférant rester anonyme.

Selon elle, il y aurait effectivement un manque de concertation de la part de l’édile. « L’année dernière on avait des concertations sur des grands projets et puis, tout d’un coup, cela a été fini, ajoute cette même source. Ce sont les décisions du maire, « on va faire ci, on va faire ça », « j’ai décidé de ». Et nous, [les élus de la majorité], on pensait au départ [que l’élu concerné par un projet] était au courant donc c’est pour cela qu’on n’a pas trop bougé. On s’est dit « tel adjoint, c’est son secteur, il doit être au courant ». Mais ce n’est pas toujours le cas. »

Les groupes d’opposition Triel Autrement et Vivre Ensemble à Triel dénoncent, eux aussi, l’exercice solitaire du maire triellois. « La situation telle qu’elle est pour nous c’est le résultat d’un mode de management qui est fondé sur l’absence totale d’un manque de délégation et d’un manque de confiance que ce soit vis-à-vis des chefs, des directeurs de service ou vis-à-vis [des élus] qui disposent de délégations. Le maire de toute façon n’a confiance en personne », affirme, le 9 novembre, Yvon Rosconval du groupe d’opposition Triel Autrement.

Selon l’édile, Cédric Aoun (SE), la situation dans laquelle se trouve le conseil municipal est « affligeante ». Le maire affirme néanmoins qu’il ne compte pas démissionner de son poste.

Dans un communiqué publié le 9 novembre sur Facebook, l’édile déclare voir dans ce recommandé un « chantage politique » mené à son encontre suite à sa décision de ne pas mettre un terme au contrat d’une employée municipale. « Depuis le mois de juillet, je suis victime d’une forme de chantage politique. Deux adjointes m’ont menacé de démissionner si je prolongeais le contrat d’une employée au simple motif qu’elles ne l’aimaient pas […]. Leur insistance concernant cette demande abusive et sans fondement […] m’a amené à accepter leur démission […]. Ces démissions ne seront d’ailleurs jamais données. En septembre […], j’ai reçu une nouvelle salve de la part de plusieurs conseillers municipaux, visiblement entraînées par ces deux dernières. Cette fois c’était pour me forcer à signer une mise à pied conservatoire de l’agent sous peine de représailles […]. À ce jour […] ils ont fait le choix de se rapprocher de l’opposition et ont rédigé un courrier demandant le retrait de toutes mes délégations avec pour seul but : me pousser à la démission. »

Interrogé le 10 novembre par La Gazette en Yvelines, Cédric Aoun insiste cependant sur le fait qu’il ne souhaite pas renoncer à son poste de maire. « Moi je ne démissionnerai pas par rapport aux agents qui sont derrière moi. [J’ai la responsabilité] de protéger les agents qui m’ont fait confiance et me font actuellement confiance », confie-t-il en insistant sur le fait qu’une enquête a été menée par le Centre interdépartemental de gestion (CIG) et que les conclusions se seraient avérées « sans appel [car] aucun élément ne vient caractériser la réalisation d’actes déviants à l’encontre des agents ». L’édile s’interroge plutôt sur l’absence de démission des élus signataires de ce courrier. « Quand on n’est pas d’accord, on démissionne, ajoute-t-il. Là, ils veulent faire l’inverse, ils veulent me faire céder. Je ne céderai pas. »

« Je pense que le maire se sent attaqué personnellement mais ce n’est pas ça du tout. On ne quitte pas la majorité, on y est toujours même si le maire a menacé de nous sortir de la liste […]. On ne s’est pas tourné vers l’opposition », déclare une des personnes signataires du courrier recommandé. Selon elle, les éventuels problèmes rencontrés auprès de l’employé municipal ne seraient cependant pas liés à l’écriture de ce courrier. « Ce sont deux problèmes différents », affirme cette même source en reconnaissant qu’il y aurait cependant un « mal-être du personnel en mairie » avec le départ, ces dernières années, de plusieurs agents.