Ayant vécu dans les Yvelines depuis son enfance, Patrick Leterrier a entrepris un projet musicalement osé. Après avoir fait des études de gestion à la fac et travaillé 25 ans dans des grands groupes, Patrick a décidé de tout arrêter pour monter son magasin de disques. « Après 20 ans dans la même société, j’avais envie de nouveauté. J’ai changé d’entreprise, ce qui a surpris tout le monde, explique-t-il. Durant le Covid, j’ai compris que le changement ne devait pas être d’entreprise mais de mon mode de vie. J’avais besoin de remettre du sens et de la ­passion dans mon activité. »

Le projet était, à la base, le lancement d’une épicerie vrac, avec des produits sans emballage « car cela correspond à mon mode de consommation et je cherchais à faire une activité avec du sens, confie-t-il. Au fur et à mesure, j’ai remis le nez dans ma collection de disques. J’ai repris contact avec des gens du milieu, fait des brocantes, trouver des réseaux parallèles pour éviter d’aller à Paris pour trouver des disques d’occasion. Je me suis souvenu que j’ai toujours dit vouloir être disquaire et cela m’est revenu comme une évidence. »

Tout est alors devenu clair pour ce passionné de musique : « Il fallait que je me lance dans le disque malgré une forte concurrence. J’ai rencontré beaucoup de personnes et il s’est produit un effet boule de neige et ça m’a confirmé mon envie de faire ce métier. »

Patrick a décidé de se lancer, dans un premier temps, en tant que vendeur particulier sur Internet. « J’ai commencé la vente en ligne depuis six mois avec ma collection en tant que particulier. » Au total, 1 500 vinyles se trouvaient dans la collection et la moitié a été destinée à la vente.

Avec l’argent récupéré, il s’est constitué un stock et a monté son auto-entreprise pour la vente en ligne. « C’est une première étape mais je sentais avoir besoin de contact avec les gens. Je me suis constitué un stock pour pouvoir démarrer en tant que vendeur professionnel. J’ai rencontré un entrepreneur (Laurent Séguier, entrepreneur yvelinois de RecordClinic, Ndlr) qui s’est spécialisé dans la restauration de vinyles anciens. » Laurent Séguier avait participé à un challenge de l’innovation dans les Yvelines où il a rencontré Jean-Marc Semoulin, le directeur de la Ressourcerie La Gerbe à Ecquevilly. Celui-ci avait une boutique aux Mureaux affiliée à la Ressourcerie et était à la recherche d’un porteur de projet. « Laurent a immédiatement pensé à moi et nous nous sommes retrouvés en contact. Je suis très reconnaissant envers Jean-Marc Semoulin pour sa confiance et Laurent Séguier de m’avoir mis en contact pour ce projet. » En janvier 2021, La Gerbe a ouvert une boutique éphémère avec des créateurs locaux.

« Jean-Marc a toujours eu cette conviction qu’un disquaire pourrait s’installer aux Mureaux, s’enthousiasme Patrick. Il récupérait les disques vinyles et CDs pour en faire un corner dans la boutique éphémère. Il m’a expliqué le projet global qui concordait avec le mien et là était l’opportunité. »

Une économie circulaire qui n’a pas déplu au passionné. « Cela va dans ma manière de voir les choses. Je veux vendre des vinyles d’occasions, et cela s’imbrique dans un projet auquel je n’avais pas pensé. Je pourrai par la suite ouvrir une boutique indépendante aux Mureaux. »

Mur’O Disc, c’est des vinyles et des CDs. « Je vais faire un réassort complet de vinyles d’occasion. Pour le moment, il s’agit de ceux de la Ressourcerie donc principalement du classique mais je vais amener ceux que j’ai achetés pour mon activité professionnelle donc 2 000 disques d’occasions. »

La volonté de Patrick est de redonner une seconde vie aux vinyles qui restent dans les greniers. « J’espère ouvrir une boutique rapidement s’il y a du potentiel mais en ouvrant une boutique, il faut aussi vendre du neuf mais je resterai principalement sur de la vente d’occasion. »

Le 17 décembre, Patrick reprendra officiellement la boutique. « On profite de cette date car la Ressourcerie organise son deuxième salon du disque et du DVD dans la galerie commerciale qui abrite la boutique éphémère. » Ce sera l’occasion pour les amateurs d’acheter et échanger des disques entre eux. « Ce sera la renaissance de la boutique qui n’est pas encore très connue en Yvelines. Il y a uniquement deux disquaires à Versailles et les amateurs sont obligés d’aller à Paris. Nous voulons créer un réseau local et permettre aux personnes d’éviter d’aller jusque là-bas. » La boutique est accessible au centre commercial Espace de ­l’avenue Paul Raoult.