Une section sportive scolaire atypique. Depuis la rentrée scolaire 2021-2022, les élèves du lycée Condorcet, à Limay, peuvent bénéficier d’un emploi du temps comprenant trois heures de cours de pétanque par semaine. Selon Maxime Kaczmarek, enseignant d’éducation physique et sportive (EPS) et coordinateur de cette section sportive, les cours de pétanque concernaient initialement « six élèves » mais a rapidement augmenté. Le 20 octobre dernier, il s’élevait à « 19 lycéens » dont « six filles » aux profils différents.

« Au début, on faisait de la pétanque lors de la fête de l’association sportive en fin d’année. C’était un tournoi festif et on s’est rendu compte que les élèves adhéraient [vraiment à ce sport] donc on a créé un créneau à l’association sportive le midi [pour en faire, de fil en aiguille, une section]. Ce qui nous a plu avec mon collègue c’est qu’on a eu des profils différents d’élèves. Ce n’était pas toujours des élèves sportifs, ce n’était pas toujours des élèves qui seraient venus dans d’autres activités mais eux sont venus à la pétanque. En plus, cela a été un vecteur de lien social fort pour des élèves qui étaient [parfois] un peu isolés », résume Maxime Kaczmarek du lancement de la section sportive scolaire de pétanque tandis que son collègue Alexandre Janvrin, lui aussi professeur d’EPS, insiste sur le fait que cette section sportive a également pour objectif d’apprendre aux élèves à organiser des événements sportifs et à encadrer des groupes.

« On est en train de monter des partenariats avec des écoles primaires notamment pour qu’on puisse apprendre à nos élèves à encadrer des groupes », déclare-t-il en insistant sur le fait que la pétanque est un excellent moyen pour parvenir à cet objectif.

La section sportive scolaire de pétanque ne concerne actuellement que des lycéens en classe de seconde et de première. « On a commencé l’an dernier qu’avec des secondes. Les élèves en classe de seconde sont montés en classe de première et là on a recruté des nouveaux élèves de seconde. On n’a pas d’élève en classe de terminale pour l’instant mais l’an prochain, à terme, on aura les trois niveaux », affirme Maxime Kaczmarek qui espère que la pétanque pourra être proposée en option au baccalauréat aux futurs élèves en terminale.

D’après l’enseignant, ce sport a effectivement de nombreux atouts pour les élèves. En plus de renforcer l’esprit d’équipe, il a de nombreuses qualités en termes de motricité. « Au niveau moteur, tout ce qui est motricité fine et de précision, cela apporte pas mal de choses. [Il en est de même pour tout ce qui concerne] la concentration, l’attention, la coordination. Au niveau tactique aussi, quand on arrive à un certain niveau à la pétanque, c’est un peu comme une partie d’échec, on prévoit le coup de l’adversaire, on anticipe pour gagner la partie », explique-t-il en déplorant le fait que ce sport ne soit pas davantage répandu dans les pratiques proposées par l’éducation nationale.

Loin de l’aspect purement sportif, les élèves interrogés par La Gazette affirmaient surtout passer un agréable moment durant les cours de pétanque. C’est notamment le cas d’Aglaé, une élève de 16 ans en classe de première ayant rejoint la section sportive cette année. « Cela m’apporte déjà des amis, confie-t-elle. Il y en a certains que je ne connaissais pas avant. »

Si les lycéens affirment apprécier les cours de pétanque, Alexandre Janvrin insiste néanmoins sur le fait qu’il a fallu aux enseignants d’EPS lutter, en amont, contre les préjugés véhiculés sur ce sport. « Je pense qu’il y a beaucoup de préjugés sur la pétanque et notamment le fait qu’on dit que c’est un sport pour les personnes plus âgées. Du coup, les jeunes, même quand ils veulent se mettre à la pétanque, c’est ce qu’on leur répète comme cliché donc voilà c’est assez difficile socialement de pouvoir intégrer cela », déclare-t-il. Plusieurs lycéens affirment en tout cas avoir eu en tête ces stéréotypes véhiculés à l’encontre de la pétanque avant de pratiquer la discipline. « Moi au départ, [quand on m’avait présenté la possibilité de faire de la pétanque], cela ne m’avait pas trop plu parce que, moi et mes potes, on n’aimait pas trop [ce sport], reconnaît Yanis, un lycéen de 15 ans en classe de seconde. En gros, on se moquait un peu des gens qui faisaient de la pétanque parce qu’on trouvait que c’était un sport pour les vieux car il n’y a pas beaucoup de jeunes qui pratiquent [cette discipline sportive]. Et puis, au final, on a décidé d’essayer parce qu’on avait trouvé qu’on avait [peut-être eu] un jugement trop rapide. On a pu tester et, au final, on a beaucoup aimé. On a été très surpris positivement. »

La section sportive scolaire de pétanque du lycée Condorcet collabore actuellement avec le club de pétanque de Limay dans le cadre d’une convention. Dans le but d’organiser des tournois et renforcer l’intérêt des jeunes vis-à-vis de ce sport, Maxime Kaczmarek aimerait en tout cas inciter d’autres lycées à créer, eux aussi, une section sportive scolaire de pétanque. L’an dernier, les élèves du lycée Condorcet ont participé aux championnats de France de pétanque. « On a fini dixième sur 12. C’est un résultat plutôt honnête quand même parce que, nous, c’était la première fois [qu’on y participait] et on n’avait pas le même niveau d’entraînement [que d’autres équipes]. On espère progresser cette année », affirme Alexandre Janvrin. Ce souhait est partagé par Mathis, un lycéen de 16 ans en classe de première, qui ne garde que des souvenirs positifs de sa participation aux championnats de France. « C’était vraiment intéressant […]. On a passé de bons moments », déclare-t-il en insistant sur le fait que la pétanque est, pour lui, un excellent moyen de se détendre.