Les discordes entre les élus de la majorité sont encore loin d’être apaisées. Comme le relatait La Gazette dans son édition du 16 novembre dernier, cinq maire-adjoints, quatre conseillers municipaux de la majorité et neuf élus de l’opposition avaient demandé dans un courrier recommandé daté du 19 octobre, la tenue d’un conseil municipal extraordinaire pour redonner au conseil municipal des compétences qui avaient été confiées au maire SE, Cédric Aoun. Lors du conseil municipal du 28 novembre, un vote a eu lieu pour qu’une telle délibération soit mise à l’ordre du jour du prochain conseil municipal. 19 élus ont voté pour et 14 contre. La séance a aussi été marquée par deux délibérations portant sur le maintien ou non aux postes de maires-adjointes de Bérangère Voillot et Valérie Lenormand. Ces deux élues avaient signé un courrier recommandé que le maire avait alors qualifié de « chantage politique » à son encontre suite à sa décision de ne pas mettre un terme au contrat d’une employée municipale.

« Jusqu’au mois de juillet, je n’avais aucun différend avec l’ensemble des élus ici présents. Jusqu’au moment où on m’a demandé de virer un agent. Cela, honnêtement, ça ne passe pas. On ne fait pas de négociation [en disant c’est] ma démission ou [celle de] l’agent […]. Je ne cède pas au chantage », déclare Cédric Aoun tandis que Fabien Tanti, maire-adjoint chargé de la mobilité, du plan vélo et du handicap, affirme avoir été particulièrement choqué de la situation. « Je ne me reconnais pas dans tout ce qui est arrivé depuis début juillet, ajoute Fabien Tanti. Je veux bien entendre les choses, je peux quelques fois les comprendre mais je n’ai pas envie d’imaginer que des élus prennent position pour virer quelqu’un. Pour moi, socialement, c’est insupportable. »

« Tu n’as rien suivi donc tu ferais mieux de te taire !, s’emporte alors Valérie Lefuel Duval, maire-adjointe déléguée notamment au projet citoyen et à la concertation ainsi qu’à la petite enfance et à la famille. Selon l’adjointe, dont la signature figure également dans le courrier recommandé du 19 octobre, la demande auprès du maire consistant à mettre un terme au contrat de l’employée municipale avait pour objectif de protéger les agents ayant dénoncé son comportement à leurs égards. Au total, quatre signalements ­auraient été formulés. Or, comme l’expliquait Cédric Aoun dans l’édition du 19 octobre de La Gazette, une enquête a été menée par le Centre interdépartemental de gestion (CIG). Les conclusions se seraient avérées « sans appel [car] aucun élément ne vient caractériser la réalisation d’actes déviants à l’encontre des agents ».

Pour le conseiller municipal d’opposition du groupe Triel Autrement, Yvon Rosconval, les deux délibérations visant à voter sur le maintien ou non de deux maires-adjointes sont significatives du manque de confiance du maire vis-à-vis de l’ensemble des élus. « Vous nous demandez de nous prononcer sur le maintien, dans leur fonction, de deux adjointes à qui vous avez préalablement retiré leur délégation. Il s’agit donc purement et simplement d’une sanction, une sanction à l’encontre de ces deux élues qui se sont engagées à vos côtés depuis plusieurs années ; deux élues avec qui nous avons parfois eu, je parle en tant qu’opposition, des débats âpres mais toujours ­respectueux », déclare-t-il.

« Pour moi le seul tort de ces adjointes est d’avoir fédéré une majorité d’élus pour demander un partage plus équilibré des pouvoirs au sein du conseil municipal, poursuit Yvon Rosconval. Je pense que le fond du problème est là aujourd’hui et c’est ce que vous n’acceptez pas [monsieur le maire]. Votre défiance chronique est également patente à l’encontre des élus de votre groupe, vous êtes incapable de déléguer […]. [Vos élus de la majorité] ont fait preuve d’une grande patience et d’une grande loyauté mais, aujourd’hui, ils n’entendent plus être des élus […] dont le seul rôle est de lever la main à votre signal. Plutôt que d’être sanctionné, je pense que ce courage doit être salué. »

À l’issue des votes à bulletin secret, les deux adjointes ont été maintenues. « C’est un plaisir pour moi de servir ma Ville et je dois dire que, quel que soit le différend politique qui m’oppose à monsieur le maire, cet engagement est plus fort que tout », déclare Bérangère Voillot.