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Dimanche 4 décembre, le Sénégal jouait contre l’Angleterre dans le cadre de la coupe du monde au Qatar. Installés dans la salle des fêtes de La Poste de Mantes-la-Jolie, les nombreux supporters venus regarder le match ont soudainement été pris dans des scènes de panique. C’est devant un grand écran, des drapeaux du Sénégal et des chaises éparpillées par terre que les supporters se sont affolés. Le mouvement de foule a été tellement important que la police a dû intervenir et faire « usage de grenades lacrymogènes lors de la première mi-temps vers 20 heures 30 à proximité de la salle où étaient rassemblées 400 personnes dont des enfants. Les familles présentes, fortement inquiètes, ont malgré tout rapidement été mises en sécurité par les organisateurs », selon Mantes Actu.

Mais la raison de ce mouvement de panique reste pour le moment totalement inconnue. Il n’en reste pas moins que cette salle était largement sur-occupée avec une capacité d’accueil normalement estimée à environ 150 personnes. « Nous on étaient inconscients mais les organisateurs sont irresponsables d’avoir laisser autant de monde dans cette petite salle. Le pire a été évité par chance », explique un père de famille présent.

Des tirs que les supporters présents n’ont absolument pas compris. « Pourquoi vous tirez sur nous ? », s’indignent-ils dans une vidéo prise par l’un d’eux. « Voilà, regardez, ils nous tirent dessus pendant qu’on regarde un match et après ils disent que ce ne sont pas eux. » Dans un nuage de fumée, un jeune supporter a été arrêté avec un drapeau du Sénégal en main par l’effectif de police pendant que les autres supporters prenaient sa défense en expliquant « qu’il y a des femmes et des enfants. Il n’a rien fait le petit, il n’a que 12 ans. », ou encore « Vous nous tirez dessus, c’est une honte ! Ils ont envoyé les CRS tout ça pour un match. »

Un adjoint au maire, qui était présent lors de la seconde mi-temps, « a tenté de calmer la situation auprès de la police avec quelques agents de prévention, en service en ce jour de marché », conclut Mantes Actu.

« Nous étions dans une ambiance très familiale. Je suis arrivé à la fin de la première mi-temps car j’ai appris qu’il se passait des choses à la salle des fêtes donc j’y suis allé pour voir. Il y a eu une intervention de la police. Il y a plusieurs versions mais qui semblaient aller dans le même sens, informe Ibrahima Diop, 2ème adjoint au maire de Mantes-la-Jolie en charge des Affaires sociales, du Renouvellement urbain et de la Politique de la ville. Il y avait pas mal de familles, d’enfants, de parents, et quelques personnes en situation de handicap, tous dans une bonne ambiance. Entre temps, le maire m’a rassuré par rapport aux éléments qu’il a eu. Il ne devait pas y avoir de nouvelles interventions. Vers la fin de la deuxième mi-temps, il y a eu un deuxième assaut. On n’a pas trop compris. Un peu de gaz est rentré. Les portes ont été fermées par les organisateurs. Je suis sorti et j’ai croisé des groupes de CRS qui suivaient des jeunes devant la salle. Il y avait une ambiance de combat urbain. »

Une intervention que même l’élu n’arrive pas à comprendre. Tandis que d’autres événements se produisaient dans les rues aux alentours, les CRS sont intervenus dans la salle des fêtes où régnait une ambiance festive. « Je ne m’explique pas ce qu’il s’est passé et pourquoi ils sont intervenus dans cette salle, continue l’élu. Il y avait pas mal de violence dans d’autres rues. C’est un quotidien malheureusement, on a l’habitude mais là, ça n’avait rien à voir avec le match. Il n’y a pas eu de mouvement de jeunes contre la police, sinon, en tant qu’élu, je les aurais freinés. »