Le 30 novembre dernier, la police a été appelée, à 1 h 35 du matin, à Achères car un homme se promenait dans la rue avec un couteau à la main et menaçait les gens. La veille, l’homme s’était présenté chez son voisin se trouvant au même palier. Il avait frappé à la porte avec un couteau également et lui avait dit : « Je vais te découper en morceaux et brûler ta voiture. » C’est un homme qui boit beaucoup et écoute de la musique forte selon son voisin : « Il s’excuse par la suite en disant que cela ne recommencera pas mais cela recommence tout le temps. » Il a alors décidé de le filmer à travers sa porte pour déposer plainte.

Le 30 novembre, un pharmacien, de garde cette nuit-là, a appelé la police en expliquant que le même homme, qui habite en face de la pharmacie, hurlait depuis sa fenêtre et jetait des bouteilles de verre dans la rue et sur les véhicules stationnés sous sa fenêtre. Il a ensuite insulté deux femmes se trouvant à côté et a craché dans leur direction. Une mère et sa fille étaient en train de se stationner sous sa fenêtre lorsque que celui-ci leur a jeté une cannette de bière et leur a dit : « T’es bonne. Monte chez moi. Vous êtes deux, c’est encore mieux. J’aime tout ce qui bouge. » Le pharmacien à expliqué être habitué à ce genre de comportement venant de cet homme.

Les deux femmes étaient venues en urgence à la pharmacie de garde pour prendre des médicaments lorsque que l’individu s’en est pris à elles. Il est alors descendu. L’une est allée déplacer le véhicule avec un enfant se trouvant à l’intérieur tandis que l’autre est allée se cacher dans un buisson. L’homme de 44 ans est, par la suite, venu devant la pharmacie, a montré son couteau au pharmacien et a tapé la grille. Il lui a dit qu’il « allait le planter » avant que la police n’arrive, avant d’ajouter : « Moi je ne crève pas les pneus, je plante les humains. » Selon le pharmacien, l’homme était descendu de son appartement pour « en découdre avec les clientes et non pas pour des médicaments ». Une fois la police sur place, l’individu s’est dirigé vers la voiture de police, toujours avec le couteau de cuisine en main, et en le dirigeant vers les agents. La police l’a alors repoussé et ordonné de poser le couteau. Celui-ci a été appréhendé. Sa lame mesurait 13 centimètres. Selon la police, l’homme était déjà connu des services de police. Sur le parking situé à côté, un témoin a confirmé l’avoir vu briser un pare-brise en jetant une bouteille en verre dessus avant d’avoir menacé le témoin avec le couteau.

Devant le tribunal judiciaire de Versailles, l’accusé explique boire beaucoup de bière et de whisky. « J’ai décidé d’aller voir le pharmacien pour avoir des médicaments qui m’aident à dormir. J’ai pris le couteau car des gens m’agressent souvent à Achères et je ne me sens pas en sécurité. J’ai dit au pharmacien que ce n’était pas moi qui avais brûlé sa voiture car des gens en avaient brûlé quelque temps auparavant. Je sais que ce n’est pas bien de sortir armé. » L’homme dit n’avoir aucun souvenir à cause de l’alcool. Il reconnaît cependant s’être présenté chez son voisin la veille mais ne pensait pas ce qu’il avait dit et avait pris le couteau pour « l’impressionner ». Pour le reste, il dit ne pas se souvenir non plus. Selon lui, son voisin est déjà venu frapper à sa porte à cause du bruit tout en étant équipé d’un marteau. « Pourtant, moi, je n’ai pas porté plainte quand il a fait ça. Je ne sais pas pourquoi j’ai agi comme ça. Je sais que ce n’est pas normal de venir avec un couteau. Je n’ai pas estimé les risques. Je n’avais jamais fait ça auparavant. Ça m’arrive de boire dehors mais il n’y a jamais eu d’abus. Quand je mélange avec de l’alcool fort, là je déraille. Mais je ne me souviens pas avoir menacé mon voisin. Je ne me souviens pas non plus d’avoir insulté les deux femmes. »

Après le récit des faits, il confie : « Je suis choqué d’entendre ce que vous venez de me dire. J’ai consommé beaucoup d’alcool et ça m’a fait péter les plombs. J’étais comme envoûté. Je suis sûr de ne pas avoir menacé le pharmacien. Je voulais simplement lui dire que ce n’était pas moi qui avais brûlé sa voiture. » Le procureur explique que l’accusé a fait régner la terreur et que la problématique de l’alcool est le déclencheur des actes. « Il minimise les faits, indique le procureur. Il dit ne pas se souvenir mais une vidéo existe et les faits sont là. Les deux femmes ne savaient plus quoi faire et ont décidé de déplacer leur véhicule. Il n’y a peut-être pas eu de blessures physiques pour toutes les personnes impliquées, mais bien des blessures psychologiques ».

L’accusé était sorti de détention depuis deux mois. « Je suis désolé de tout ça, conclut-il devant la justice. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris. Je n’ai aucun souvenir. Je suis très attristé et je regrette car je n’ai pas tenu les quatre mois de sursis. Pourtant quand je ne prends pas d’alcool et que je suis le traitement, tout va bien. » Son casier judiciaire contient déjà 27 condamnations depuis 2003 pour différentes raisons. Devant la cour de justice, il explique avoir eu une enfance difficile et avoir des soucis avec la drogue et l’alcool. « Je consomme des stupéfiants encore occasionnellement. Je bois plus de cinq bières par jour. » L’accusé a déjà suivi une cure, un traitement ou encore eu un suivi psychiatrique à l’hôpital de Poissy. Cependant, rien n’a fonctionné pour lui.

Il a été jugé pour violence avec usage ou menace d’une arme, dégradation ou détérioration d’un bien, port sans motif légitime d’arme blanche ou incapacitante de catégorie D et de menace de mort matérialisée par écrit, image ou autre objet. L’homme a été reconnu coupable des faits devant la justice et a écopé de huit mois de prison avec une interdiction de port d’arme et détention d’armes pendant cinq ans. Il devra 1 225 euros à chacune des victimes.