La halle Sulzer connaît ses dernières heures en tant que telle. L’ancien bâtiment de 300 mètres de long, de 30 mètres de large et de 30 mètres de haut était dédié à l’assemblage de pompes et de moteurs de bateaux. Aujourd’hui à l’abandon, la friche industrielle est cependant sur le point de s’offrir une seconde vie dans le cadre du développement, lancé en 2006, de la zone d’aménagement concerté (ZAC) Mantes-Université sur laquelle elle est située. Des projets de transformer la halle Sulzer en un centre commercial ou en pôle musical avaient été proposés mais, comme le relatait La Gazette en décembre 2020, ils ont été abandonnés. En tant que propriétaire des parcelles concernées par le développement de la ZAC Mantes-Université, l’Établissement public d’aménagement du Mantois Seine Aval (Epamsa) avait effectivement déclaré, lors d’une conférence de presse du 7 décembre 2020, que la halle Sulzer serait finalement divisée en trois parties distinctes grâce à la création de deux voies passantes. Cette information a été confirmée lors d’une réunion publique organisée le 15 décembre dernier dans la salle du conseil de l’hôtel de ville mantevillois en ­présence de l’Epamsa.

La partie Est de la halle Sulzer accueillera donc un pôle universitaire permettant de réunir l’Institut universitaire de technologie (IUT) basé actuellement à Mantes-la-Jolie, le Centre de formation des apprentis (CFA) Supii Mécavenir et l’Institut des sciences et techniques des Yvelines (ISTY). La partie centrale sera dédiée à un jardin et la partie Ouest à un équipement culturel à rayonnement régional. Le 7 décembre 2020, le président LR du Département et président du conseil d’administration de l’Epamsa, Pierre Bédier, avait déclaré que le lieu ne devrait en tout cas pas être une salle de concerts mais plutôt un lieu « tourné vers les arts plastiques et numériques ». Une réflexion sur le devenir exact de ce futur équipement culturel est actuellement en cours.

Quoi qu’il en soit, la réorganisation de la friche industrielle va avoir des conséquences notables sur l’architecture de la halle Sulzer. Comme le prévoyait l’Epamsa en décembre 2020, les façades latérales et la toiture du bâtiment disparaîtront. « Notre projet c’est de désosser la halle [Sulzer], de ne conserver que la structure métallique », déclare, le 15 décembre 2022, Émilie Niepceron, cheffe de projet aménagement pour l’Epamsa. L’Établissement public d’aménagement du Mantois Seine aval précise également que la structure métallique sera renforcée à certains endroits mais aussi repeinte avec une « peinture anticorrosion [pour pouvoir] être laissée à l’air libre ».

Selon Émilie Niepceron, cheffe de projet aménagement pour l’Établissement public d’aménagement du Mantois Seine aval (Epamsa), « un peu moins de 3 000 logements seront construits dans la ZAC Mantes Université ».

Les travaux menés sur la halle Sulzer doivent débuter cette année. « On a un démarrage des travaux qui est prévu en 2023 avec plusieurs mois de préparation de chantier, de nettoyage, de [pose] des échafaudages, affirme Émilie Niepceron. C’est à partir de l’été 2023 qu’on va pouvoir commencer à voir visuellement les ­premiers ­travaux de déconstruction. »

Le chantier prévu au niveau de la halle Sulzer n’est cependant pas le seul à être mené dans le cadre du développement de la zone d’aménagement concerté Mantes-Université. Un parc aménagé à destination des habitants verra également le jour dans le prolongement de l’axe de la piscine et des réflexions sont également en cours pour promouvoir, entre autres, les mobilités douces à l’intérieur du quartier de la ZAC. Une station de bus y sera aussi implantée mais son positionnement exact n’est pas encore défini. « On a quatre scénarios aujourd’hui qui sont envisagés pour que la station de bus puisse se retrouver au plus proche des voies ferrées et du bâtiment voyageur et ainsi laisser toute la partie du quartier entre la future école, la grande halle et le centre aquatique apaisé en termes de circulation. Il y a quatre scénarios. Ils ont tous des avantages et des inconvénients mais, bien évidemment, on poussera pour que […] la station de bus soit la plus fonctionnelle possible […] et que l’école soit la mieux positionnée possible », détaille la cheffe du projet aménagement pour l’Epamsa.

Le futur établissement scolaire en question, sera par ailleurs ­intercommunal. Lors du conseil municipal du 13 décembre dernier, l’édile mantevillois et deuxième vice-président à l’Epamsa, Sami Damergy (SE), a rappelé que cette décision résulte notamment du fait que la ZAC Mantes Université, d’une superficie totale d’environ « 35 hectares », s’étend à la fois sur Mantes-la-Ville et Buchelay. « Il existe des tensions au niveau des occupations des classes à la fois sur Mantes-la-Ville et sur Buchelay et donc il était intéressant de se rapprocher de Buchelay pour faire une école intercommunale », avait-il ajouté. Le sujet du futur groupe scolaire se pose d’autant plus qu’à termes, Émilie Niepceron estime qu’un « peu moins de 3 000 logements seront construits dans la ZAC Mantes-Université ». Certains sont déjà livrés.

La question de savoir où sera précisément positionné le futur établissement reste néanmoins en suspens. Comme l’indiquait La Gazette en décembre 2020, plusieurs terrains étaient effectivement à l’étude. « Le choix de la parcelle dépend de l’Epamsa. Il est sur le territoire de Mantes-la-Ville entre la zone de la grande halle et la voie de chemin de fer. On n’a pas encore définitivement statué le nombre de classes, la parcelle sera définie à ce moment-là aussi », avait affirmé le 13 décembre 2022 Sami Damergy, suite à une question posée à ce sujet par le conseiller municipal d’opposition et ancien maire, Cyril Nauth (RN).

« On lance une étude de programmation en 2023 pour que l’école soit dans les proportions adaptées et dans l’ère du temps. On ne construit plus une école aujourd’hui comme on en construisait une hier », complète Émilie Niepceron lors de la réunion publique du 15 décembre. Actuellement, selon l’Epamsa, « 18 classes » pourraient néanmoins voir le jour dans ce futur groupe scolaire intercommunal. Il ne sera cependant pas le seul à être construit dans la ZAC Mantes-Université.

L’édile SE et deuxième vice-président à l’Epamsa, Sami Damergy, était présent lors de la réunion publique concernant les projets de développement de la ZAC Mantes-Université. Quelques jours plus tôt, en conseil municipal, il était revenu sur l’importance d’avoir un groupe scolaire intercommunal pour répondre aux besoins des communes de Mantes-la-Ville et de Buchelay.

« On a deux écoles à faire sur cette opération. On [en construit] une sur Mantes-la-Ville et on en réalise aussi une sur Buchelay », détaille la cheffe de projet aménagement pour l’Établissement public d’aménagement du Mantois Seine Aval en précisant que, sur le territoire buchelois, le groupe scolaire pourrait avoir « entre 12 et 15 classes ». Quant à la rentrée des élèves dans ces établissements, elle serait prévue pour « 2024 au plus tôt ».

Les besoins, en terme de capacité scolaire dans ces deux villes, ne sont également pas les seuls que l’Epamsa souhaite résoudre grâce à l’aménagement de la ZAC Mantes-Université. Une réflexion pour augmenter les capacités hôtelières dans le Mantois est également menée. Un hôtel trois étoiles pourrait ainsi voir le jour au niveau du quartier Mantes-Université. « C’est un manque sur l’ensemble du Mantois, explique Émilie Niepceron. On le voit bien aujourd’hui, quand des professionnels veulent venir sur le territoire, ils ne trouvent rien pour se loger. C’est une vraie demande des élus mais aussi des salariés qui viennent [dans] les entreprises environnantes […] pour quelques jours […]. Cela nous semblait donc opportun d’avoir un hôtel au sein de la ZAC Mantes-Université, au plus proche de la [future] gare Eole. » Ni la date de livraison de l’hôtel ni le nom d’une éventuelle chaîne hotellière ne sont actuellement connus.

L’idée de développer une zone d’aménagement concerté ayant désormais plusieurs années, l’Epamsa profite également de la réunion publique pour affirmer qu’elle doit « relancer une grande concertation publique sur l’opération ». Celle-ci permettra de détailler les différents projets et leurs améliorations respectives suite aux différentes études en cours. Elle débutera en 2023, « certainement à partir de septembre » et durera probablement « une année, une année et demie ».

L’avenue de la grande halle rouvre provisoirement à la circulation

Comme l’indique la Ville mantevilloise sur sa page Facebook, l’avenue de la grande halle a rouvert à la circulation le 23 décembre. Néanmoins, cette réouverture est provisoire. En effet, lors de la réunion publique organisée le 15 décembre concernant les projets de développement de la zone d’aménagement concerté (ZAC) Mantes-Université, l’Établissement public d’aménagement du Mantois Seine aval (Epamsa) a annoncé qu’une fermeture de cette avenue est à nouveau prévue durant l’été 2023.

« L’avenue de la grande halle qui était fermée à la circulation va rouvrir avec des matériaux provisoires. Cela veut donc dire qu’à l’été, on refermera cette portion pour pouvoir terminer les travaux avec des matériaux définitifs. Mais, en attendant, pendant six mois, il va y avoir une version de l’avenue de la grande halle en condition normale avec une circulation à double sens classique », déclare l’Epamsa.