Qu’on soit croyant ou non croyant, il ne viendrait à personne l’idée saugrenue de contester la beauté de la collégiale Notre-Dame. Ni le respect qu’on doit à ses bâtisseurs. Classée monument historique dès 1840, elle rappelle la cathédrale Notre-Dame de Paris par son style et son élévation sur trois niveaux. Épargnée par les bombardements de la dernière guerre mondiale, elle est perpétuellement en travaux. C’est qu’une vieille dame même bien portante demande de l’attention. L’idée de la valoriser par de l’éclairage n’a donc rien de loufoque, sauf si cette valorisation arrive à un moment peu opportun. En pleine crise énergétique, avec des coûts d’électricité qui explosent et si de surcroît, les riverains font la fine bouche pour que les façades de leurs maisons accueillent les fixations des projecteurs, au point d’en dénaturer l’allure.

C’est exactement ce qui se passe actuellement autour de cet édifice. Mélangeant action publique et convictions religieuses, le maire de Mantes-la-Jolie tente un passage en force vis-à-vis du voisinage, dépêchant des agents de services techniques de la Ville pour convaincre ces fameux riverains du bien-fondé de sa démarche. Valoriser la collégiale par la pose de projecteurs qu’il convient d’arrimer sur les façades du quartier.

Mais il se heurte à une vague de mécontentement si bien que les agents envoyés sur place, poliment mais fermement éconduits, ont dû battre en retraite.