
« Peut-être qu’ils imaginaient qu’on serait partis le 31 décembre. Mais on est toujours là ». Les propriétaires des chalets de l’étang de la Galiotte ne sont pas du genre à baisser les bras. Et ce malgré les injonctions du Département des Yvelines, propriétaire des lieux, qui avait ordonné leur départ au 31 décembre 2025 après avoir annoncé qu’il ne renouvellerait pas les conventions d’occupation, il y a deux ans.
« Considérant qu’aucun projet n’est encore défini, sans aucun calendrier », les propriétaires n’ont pas l’intention d’abandonner leurs pittoresques logements, selon le président de l’association de l’étang de la Galiotte, Xavier Peroutka. Celle-ci a même fait appel à un cabinet d’avocats pour tenter de renouer un dialogue plus que jamais rompu. « On a toujours essayé de dialoguer avec le Département, de leur proposer des solutions concertées, assure celui qui occupe le poste de président depuis quelques semaines au sein de l’association. On a plein d’idées qui seraient bénéfiques à tout le monde. Alors, on a fait intervenir des avocats à la fin du mois de décembre en voyant qu’il ne se passait rien. Pour protéger les chalets, qui sont un patrimoine reconnu et largement plébiscité par les habitants et, bien sûr, pour faire valoir les droits des propriétaires ».
Dans ce courrier, que l’association considère comme une tentative de dialogue et non pas de conflit, plusieurs arguments sont mis en avant. L’absence d’étude environnementale ou d’enquête publique, par exemple, ou même… la présence de chauve-souris en hibernation au sein des chalets. « Sur certains nombres de chalets, il y a des chauves-souris qui nichent. Vu que c’est une espèce protégée, on a essayé de prendre contact avec des organismes compétents sur le sujet. En réponse, ils nous ont signifié qu’une étude environnementale aurait dû être menée. Mais pour cela, il faudra attendre le printemps et la fin de la période d’hibernation ».
Pas sûr que le sort des chauves-souris ne freine les ardeurs du Département qui, dans nos colonnes, affirmait sa volonté de « reprendre la maîtrise de cet étang, d’abord dans une optique de sécurité, puis de renaturation des berges ». L’association attend désormais le retour du conseil départemental à son courrier d’avocats, et espère bien reprendre les discussions pour trouver une solution qui convienne à tout le monde. « On ne pourra sortir de là que par un dialogue, insiste Xavier Peroutka. Aujourd’hui, on a un gros appui du public qui était massivement présent lors des journées du patrimoine et de l’architecture. On a des possibilités de développer des projets artistiques, sociaux, même de faire venir les écoles pour faire découvrir le lieu… Mais la difficulté, c’est qu’il n’y a que nous autour de la table ». Le Département acceptera-t-il d’y prendre place ?