Arnaud Dalbis, le chef d’entreprise qui veut redonner du souffle à Mantes-la-Jolie

Arnaud Dalbis, 69 ans, sportif invétéré et patron de cliniques mantaises et d’établissements de santé dans les communes voisines, se lance aux municipales de mars pour devenir maire de Mantes-la-Jolie. Ancien adjoint aux finances puis au développement économique et au commerce, il veut un quotidien apaisé pour les Mantais – habitat, voirie – loin des « Lueurs de Mantes ». Entre son combat contre le protoxyde d’azote et ses projets humanitaires, ce compétiteur accompli mise sur la compétence pure.

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Arnaud Dalbis s’apprête à renouer avec la compétition, non pas sur une piste d’athlétisme ou un parquet de basket, mais sur le terrain politique des élections municipales de mars prochain. Né au cœur de Mantes-la-Jolie, ce fils de propriétaire d’un laboratoire de biologie local n’a fait qu’une brève infidélité à sa ville natale. « J’ai passé 8 ans en Australie. J’avais envie d’aller voir ailleurs comment les choses se passaient. J’ai donc développé des activités sportives sur place avant de revenir à Mantes-la-Jolie », raconte-t-il avec le ton calme et serein de ceux qui ont su tirer le meilleur de l’ailleurs pour mieux ancrer leurs racines ici.

Très tôt attiré par les questions de santé, Arnaud Dalbis a fait de ce domaine le fil rouge de son existence. Père de trois enfants – deux garçons et une fille –, il revendique une passion intacte pour le sport et la compétition qui le définit encore aujourd’hui. À ceux qui oseraient le questionner sur ses 69 ans, sa réplique fuse dans un éclat de rire : « Ça ne se produit jamais mais à ceux qui s’y risqueraient, je dirais simplement : enfourchons ensemble un VTT et on verra bien. » Une invitation qui en dit long sur sa vitalité contagieuse, portrait d’un homme dont le portrait officiel semble déjà intégrer un charme conquérant.

Le sportif devenu entrepreneur de santé

Avant de conquérir les sentiers en VTT, Arnaud Dalbis a brillé sur les pistes de l’AS Mantaise, discipline où il excellait « sur le demi-fond et le fond ». Non sans une malice irrésistible, il se remémore sa pratique du basket : « Oui, j’ai aussi joué au basket, ça marchait bien, j’arrivais à me faufiler jusqu’à ce que j’arrive à un niveau qui m’a rappelé mes limites. » Cette autodérision révèle un caractère taillé pour le collectif, loin des ego surdimensionnés.

Ce goût du dépassement, il l’a transposé avec brio dans l’entrepreneuriat. Depuis des décennies, il déploie une énergie inépuisable au service d’établissements de santé innovants. À Mantes-la-Jolie, il pilote le centre de rééducation L’Oiseau Blanc et la clinique du Lac, équipée d’un arsenal high-tech – scanner dernier cri, IRM performante et radiothérapie de pointe –, où une trentaine de médecins veillent au grain. L’expansion ne s’arrête pas aux portes de la ville : des structures aux Mureaux et Mantes-la-Ville, jusqu’à Magnanville, Guerville et Rosny-sur-Seine. Résultat ? Près de 2 000 patients accueillis chaque jour, un flux qui témoigne d’une réussite concrète, ancrée dans le territoire yvelinois.

L’ancien adjoint au maire reprend le flambeau

Côté politique, Arnaud Dalbis n’en est pas à son coup d’essai. Deux fois adjoint au maire – d’abord aux finances, puis au développement économique et au commerce sous la mandature de Michel Vialay entre 2008 et 2014 –, il a démontré une maîtrise des leviers administratifs qui colle à son ADN d’entrepreneur. Rien d’étonnant à le voir ambitionner la mairie de Mantes-la-Jolie. Pourtant, sous l’apparence d’un homme épanoui et infatigable se profile une vraie déception face à la dégradation de sa ville bien-aimée.

À Mantes-la-Jolie, Arnaud Dalbis pilote le centre de rééducation L’Oiseau Blanc et la clinique du Lac, équipée d’un arsenal high-tech, où une trentaine de médecins veillent au grain (Arnaud Dalbis).

« Je ressens dans cette ville le mal-être des gens. Les Mantais n’attendent pas de leur maire qu’il renverse la table. Ils souhaitent juste qu’on s’occupe de leur quotidien, des questions d’habitat, de la voirie, à l’opposé de ce qui leur est proposé comme les Lueurs de Mantes par exemple. »

Pour inverser la tendance, le candidat de Passionné’Mantes table sur une recette éprouvée : rigueur, compétence et proximité. « Chaque élu doit être compétent pour sa délégation. Je suis loin des partis politiques, la liste sera d’ailleurs apolitique. Ce que les Mantais veulent, c’est un maire et des élus efficaces et compétents. Chacun de mes colistiers est choisi en fonction de ces critères-là. » Et pour désamorcer les attentes irréalistes, il faut s’attendre à une attitude qui est aussi sa signature : la seule promesse qu’Arnaud Dalbis ne fera pas aux électeurs mantais, c’est de porter la cravate au quotidien. Moto vrombissante et chemise casual en guise d’uniforme, voilà un maire potentiel qui respire la simplicité authentique !

L’altruisme engagé, du local à l’international

Arnaud Dalbis le martèle : son moteur, c’est l’aide à l’autre. « Je prends beaucoup de plaisir à aider partout où je le peux. J’ai porté des projets qui se sont réalisés dans la coopération décentralisée, particulièrement au Maroc, au Sénégal et au Bénin. Mais aussi plus près de nous à Mantes-la-Jolie avec une association d’aide au maintien à domicile pour les personnes âgées, dont 500 anciens ont bénéficié. » Cet altruisme chevillé au corps lui permet d’aller à la conquète des électeurs, du centre-ville au Val-Fourré

L’engagement ne connaît pas de pause. Dès 2007, son flair médical l’alerte sur un péril sournois : « Depuis 2007, je me doutais que quelque chose ne tournait pas rond avec l’usage détourné du protoxyde d’azote. » Témoin quotidien des ravages sur les jeunes dans ses cliniques, il fonde l’association Stop Ballon pour sonner l’alarme auprès des décideurs. Depuis décembre, il truste les ondes : télévision, radio, presse écrite française et étrangère, multipliant les interventions pour exposer ce fléau masqué sous un nom joyeux.

Dès le mois prochain, il mobilisera ses amis médecins pour un cycle de conférences dans les collèges, prévenant ainsi contre les pièges du gaz hilarant. « Ce produit génère non seulement un coût social effroyable qui dévaste des individus et des familles, mais il fait aussi courir un danger financier avec le coût des soins que génère un patient qui a consommé de ce produit, c’est colossal. Nous devons tout faire pour enrayer cette spirale infernale. »

Avant de démarrer sa moto, son fidèle destrier urbain, Arnaud Dalbis boucle l’échange sur une note ouverte : « Si je peux aider, je suis à la disposition des Mantais. » À 69 ans, ce portrait vivant d’un Mantais pur jus – sportif véloce, soigneur dévoué, politique pragmatique – incarne l’espoir d’une Mantes revitalisée. Reste aux électeurs à lui confier les clés de la ville en mars. Avec lui au volant (ou plutôt au guidon), la cravate peut rester au placard !