
« Houla ! Calme-toi, Papi ». Depuis le 31 décembre 2025, les propriétaires des chalets flottants de l’étang de la Galiotte, situés à Carrières-sous-Poissy, doivent déguerpir car le Département des Yvelines n’a pas renouvelé leur convention d’occupation du domaine public. Toutefois quelques irréductibles ont décidé de se battre… arme à la main ? On ne sait toujours pas ce qui a pris à celui qui se présente sous le nom de « Pierre Brun » sur Facebook quand il a cliqué sur « publier » dans le groupe public « Carrières sous P.78955 ».
Si les premiers clichés montrent le petit havre de paix qu’il a réussi à se construire autour du lac pittoresque, le dernier a suscité l’incompréhension. Dans une pose que n’aurait pas renié la National Rifle Association (association américaine de lobbying visant à protéger le port d’arme), l’homme d’une soixantaine d’années écrit que « dans un autre monde, il aurait pu protéger » son nid douillet en exhibant trois armes : un fusil de chasse et deux pistolets. Il a beau s’être rapidement justifié face aux critiques qui pleuvaient – « Ce sont des jouets. La haine, la violence… Ce n’est pas dans mon monde, c’est dans le leur », cela n’a absolument pas plu au maire carriérois, Eddie Aït.
Le lendemain, la Ville a publié un communiqué dans lequel elle indique porter plainte pour menaces de crimes à l’encontre d’un élu : « Rien ne peut justifier la violence, l’intimidation ou les menaces, quelles qu’en soient les motivations. Le débat démocratique doit s’exprimer dans le respect des personnes et des institutions. » Selon l’élu, les propos belliqueux s’accompagnent d’une image ne laissant aucun doute sur la pensée et l’intention de son auteur. Un timing absolument pas parfait puisque la veille du post de Pierre Brun, la Mairie se proposait d’être un partenaire actif pour favoriser l’émergence d’un projet d’intérêt général – dont les premières esquisses seraient dressées durant le premier semestre 2026 – permettant à l’ensemble des Carriéroises et des Carriérois de bénéficier des chalets. « En tant que « Ville amie des Enfants » et labellisée Cité éducative, nous aimerions que certains chalets puissent accueillir des animations pédagogiques pour les enfants, notamment les plus éloignés de la culture et les plus fragiles » précise Kevin Schwendemann, conseiller municipal délégué à la transition écologique et énergétique.
L’Association de la Galiotte a également pris connaissance « avec gravité » des faits et a réagi lundi dernier. Elle condamne sans ambiguïté « toute forme de menace, de violence ou d’intimidation » en apportant plusieurs précisions sur l’auteur des photos. Tout d’abord, celui-ci n’a jamais été membre du bureau de l’association et s’était même mis en retrait depuis plusieurs mois. De plus, le soixantenaire a été suspendu de toute participation à la vie associative, à titre conservatoire.
Ce n’est pas la première fois qu’Eddie Aït est victime d’injures ou de menaces. En juin 2021, le maire de Carrières-sous-Poissy avait été la cible de propos homophobes. Cela avait conduit à la condamnation de l’homme poursuivi pour outrages et menaces de crimes ou délit sur personne dépositaire de l’autorité publique. Pierre Brun peut donc déjà préparer sa défense.
Les excuses de Pierre Brun :
Le soixantenaire a publié un message sur son profil Facebook personnel, qu’il a aussi partagé sur le groupe « Carrières sous P.78955 ». Il reconnaît a posteriori que « cette publication était déplacée » et que « c’était une mauvaise plaisanterie ». « J’ai la plus grande considération pour les maires qui sont au contact des gens et sont confrontés aux réalités du terrain. Loin de moi l’idée de menacer qui que ce soit et vous en particulier. Nous nous sommes rencontrés à plusieurs reprises , nos brefs échanges ont toujours été courtois » a-t-il également précisé. Pierre Brun se dit catastrophé par la tournure de la publication et indique que les armes aperçues sont des jouets sculptés en bois. Suffisant pour que la plainte soit retirée ?