
Oubliez la crainte d’une machine supplantant l’homme. Dans les Yvelines, l’heure est à « l’augmentisme ». À Conflans-Sainte-Honorine comme à Mantes-la-Jolie, deux événements majeurs explorent le dialogue entre l’intelligence artificielle et la sensibilité de l’artiste.
À l’Orangerie du Parc du Prieuré de Conflans-Sainte-Honorine, les visiteurs voient leurs certitudes et leurs attentes prises à contre-pied depuis la semaine dernière. Jusqu’au 17 février, la Biennale européenne de l’intelligence et de l’augmentisme, baptisée Proxima, y a établi ses quartiers. Loin des fantasmes dystopiques, l’exposition se conçoit comme un laboratoire à ciel ouvert. Portée par la commissaire Alexandra Boucherifi-Kornmann, ancienne Conflanaise, cette édition réunit des figures de proue de la création contemporaine telles qu’Orlan, Jacques Villeglé, Olga Kissleva ou encore Étienne Mineur.
Ici, l’IA est traitée comme un pigment d’un genre nouveau, un prolongement du pinceau qui permet de repousser les limites de la créativité. Le visiteur y découvre un art « augmenté », où la machine vient nourrir l’intuition humaine sans jamais l’effacer, dans une fusion entre l’art et le code.
Cette exploration de la création hybride se poursuit sur le terrain musical, à Mantes-la-Jolie. Le jeudi 19 février à 20 h 30, le Conservatoire Quincy Jones accueillera le projet « Hello World ! ». Au cœur de cette soirée, on retrouve l’IA musicale Angelia, conçue par le scientifique et compositeur Jean-Claude Heudin, et capable de dialoguer en temps réel avec le musicien, réagissant aux notes et aux intentions du soliste.
La performance prendra une dimension particulière avec la participation des élèves du conservatoire, qui travailleront aux côtés de la machine sur une œuvre inspirée par le compositeur Tōru Takemitsu. Une expérience totale, au croisement de la science et de l’émotion, qui prouve que la technologie peut aussi être un vecteur de transmission pédagogique.