
Fabien Aufrechter l’admet sans détour : pendant les premiers mois de son mandat, débuté il y a près de six ans, il a failli jeter l’éponge. L’élection en plein contexte Covid, l’assassinat de Samuel Paty, la guerre en Ukraine, ou encore l’inflation : tant de difficultés qui ont d’abord fait tancer le jeune édile. « Les premiers mois, j’ai failli abandonner, avoue-t-il. On était en plein contexte Covid, je n’avais pas d’équipe, les agents et mon prédécesseur étaient tous partis, il fallait préparer la rentrée… Il n’y avait plus personne pour me former ».
C’est alors qu’il a pu compter sur le soutien de Pierre Cardo, maire de Chanteloup-les-Vignes pendant 26 ans, pour l’aider à faire ses premiers pas. Pendant 6 mois, l’ancien député a été son conseiller, le mentor dont il avait besoin. « Pour moi, c’était un vrai apprentissage. J’ai découvert beaucoup de choses : je n’étais pas du tout ce que je suis aujourd’hui, c’est-à-dire capable de monter un budget. Je ne prétendais absolument pas savoir gérer un CCAS, des crèches, connaître les protocoles COVID, savoir ce que c’est, en termes d’urbanisme, la création d’un bâtiment, d’une maison médicale… Donc, oui, j’ai beaucoup appris ».
Fabien Aufrechter s’est alors peu à peu émancipé, à coups de prises de position sur de nombreux sujets, de la RD154 au projet de Marina en passant par l’écoquartier des Trois Étangs et le projet de pôle gare EOLE. « On a réussi à sauver Verneuil, affirme même le maire-candidat en évoquant ces projets. On a redynamisé la ville, en créant de l’emploi et en réinventant les fêtes de Verneuil, on a réinventé la ville de demain avec le futur écoquartier et, peut-être, un campus sur la plaine de Verneuil, et on a proposé de nouveaux services aux habitants, en terme de sécurité, de démocratie participative et de présence dans les quartiers ».
C’est fier de son bilan que l’élu se lance alors dans la bataille à sa réélection. Une décision qu’il a tardé à prendre, avant d’être convaincu par le retour de ses administrés pendant la période hivernale. « La première question, c’était de savoir si les gens avaient envie. D’où l’idée de taper à toutes les portes, et d’avoir plus de 1 000 questionnaires entre septembre et janvier pour voir ce que disaient les gens. Parce qu’il nest pas question d’aller faire un combat si de toute façon, les gens, ils n’en veulent pas. Mais la réalité, c’est que Verneuil, c’est ma ville. Je l’aime énormément, j’ai grandi ici. Et si je lâche, j’ai le sentiment qu’il y a un risque que les projets ne se terminent pas. Donc, je ne veux pas lâcher Verneuil maintenant ».
S’il n’a pas encore dévoilé son programme, Fabien Aufrechter assure vouloir « accompagner la transformation » que va connaître la commune avec l’arrivée du RER, tout en étant bien conscient qu’il faudra réinventer sa manière de travailler pour « faire plus avec moins ». Et pour y parvenir, il évoque notamment l’exemple de la « chronotopie ». « C’est typiquement le fait que la même salle puisse être utilisée pour plusieurs usages, développe-t-il. Une salle de classe, ça peut très bien servir d’accueil scolaire, ça peut servir à une association, pour plein d’autres usages. Une cour d’école, c’est fermé le week-end. Est-ce que demain, on peut l’ouvrir à un autre public ? Comment ? Ça, ce sont des questions qu’on n’a pas tranchées, comme celle de la police de nuit,de la vidéoverbalisation, ou de la transformation du stationnement. L’objectif, c’est de se poser toutes ces questions et d’essayer d’aboutir avec au moins une partie des réponses à la fin du mois, et de présenter ça dans un premier pré-programme ».