
Vous avez temporisé avant de lancer votre campagne. Avez-vous hésité à vous porter candidat ?
On se pose toujours la question. Ce dernier mandat était très compliqué, parce qu’on a eu le COVID, déjà. On a été sur le terrain, on a mis en place un centre de vaccination qui a permis de vacciner au-delà des habitants de la commune, on a délivré plus de 80 000 masques à l’époque, on a mis en place des marchés de proximité… Je suis un maire passionné, tout le monde le sait. Et ma passion pour ma commune a fait que, malgré les difficultés, j’en sors très fier.
Quel regard portez-vous sur votre bilan ?
On a fait tout ce qu’on avait dit, c’est la force de notre bilan. Et je pense que la population n’est pas dupe. Je rencontre encore beaucoup de gens dans le cadre de la campagne qui me disent, « monsieur le maire, ce que vous avez fait avec votre équipe est extraordinaire ». Alors, on peut me critiquer. Tout le monde est critiquable. Mais moi, ce que j’ai fait, au moins, je l’ai maîtrisé. Financièrement, l’augmentation de 0,5 point de la part communale, je l’ai fait pour répondre aux besoins des gens. Et je pense qu’en grande majorité, ils sont satisfaits.
Quels seront les projets phares d’un éventuel troisième mandat ?
Il y a un projet qui me tient à cœur et qu’on va essayer de concrétiser, c’est pour cette jeunesse qui est complètement paumée. Moi, je ne suis pas le papa de tous les enfants de Magnanville. Ce n’est pas mon rôle. Mais je reçois beaucoup de personnes qui sont concernées et qui sont complètement larguées, excusez-moi du terme, par rapport à leurs gamins qui tombent dans la drogue. Je dirais aujourd’hui que le mal mondial, c’est la drogue. Et nous, on n’est pas en dehors du monde. On a mis en place des associations « de jeunes », ce qu’on va concrétiser avec la construction d’une Maison des jeunes, qui sera le grand projet du mandat.
C’est peut-être la seule chose qu’on fera hormis le maintien du patrimoine, parce qu’on a tout fait à Magnanville. Il faut que les gens regardent autour d’eux : on a tout fait. Par exemple, on va ouvrir prochainement un nouveau cabinet médical. Deux cabinets médicaux à Magnanville, c’est fort quand même ! Je ne vais pas engager ma population sur un programme comme j’entends du côté de mon opposition. On est en mal de finances publiques actuellement, je ne veux pas vendre du rêve. Par contre, j’ai envie de faire quelque chose pour les jeunes de Magnanville, avec un espace qu’ils puissent s’approprier.
C’est un sujet qui est intimement lié à celui de la sécurité, sur lequel vous avez beaucoup communiqué…
La sécurité est un enjeu important pour toutes les communes. Moi, je ne veux pas en parler en disant on va faire, on va faire, on va faire… Il faut aussi en avoir les moyens. Magnanville, ce n’est pas une ville en dehors du monde, mais elle n’est pas la plus insécuritaire de l’arrondissement de police. Loin s’en faut. Par contre, on a déjà mis en place une police municipale et de la vidéo.
J’ai toujours porté ce triptyque « prévention, médiation, sanction ». Parce que j’estime qu’à un moment donné, avant de taper, il faut aussi travailler avec le tissu associatif. Mais si on se plante, on se plante. Et à un moment donné, il faut sanctionner. On a mis en place un système de vidéo protection qui, je pense, est le top du top. Je vais continuer à en mettre parce que même s’il n’y a pas de gens derrière, ça donne déjà ce sentiment de sécurité. Mais je ne promets pas non plus d’avoir une caméra en face de chaque quartier, de chaque habitation. Ça ne sert à rien. Mais j’ai une petite idée, c’est de faire de la vidéoverbalisation à distance, notamment pour les incivilités et les dépôts sauvages.
Où en est le dossier de la prison ?
Ma position a toujours été claire, nette et précise. Je le rappelle, j’ai toujours été contre la prison. Mais j’ai toujours été pour la création de places de prisons supplémentaires. Et je sais que certains ministres s’en sont servis pour dire que j’étais favorable. C’est ça qui a pu semer le trouble.
J’ai fait des contre-propositions en dehors de Magnanville. Pas pour dire que je ne veux pas le bébé, mais parce que Magnanville ne correspond pas au cahier des charges du ministère de la Justice, et l’emplacement encore moins : près du lycée, à 150 mètres des habitations… En faisant des contre-propositions crédibles, j’ai aussi fait comprendre aux élus nationaux que je ne lâcherai pas le morceau. Aujourd’hui, le projet est en stand-by, et c’est quand même grâce à l’initiative des élus. Je travaille en ce sens. Et je pense que c’est comme ça qu’on y arrivera.