
Et si Chanteloup-les-Vignes devenait Chateloup-les-Vignes ? Le chiffre a l’air vertigineux mais est pourtant bien vrai. En quatre ans, un couple de chats peut engendrer jusqu’à 20 000 rejetons, soit le double du nombre d’habitants de cette commune yvelinoise. C’est pour cela que la Société protectrice des animaux (SPA) a interpellé les candidats et les maires pour que cette thématique s’invite dans leur campagne municipale. Toutefois, dans la cité mise en lumière par le film La Haine, cette catastrophe sanitaire n’arrivera pas car Sophie Chergui a lancé en 2020 son association « SOS Matous de Chanteloup ». Elle, ainsi que plusieurs bénévoles, s’occupent de capturer, de soigner et de stériliser les chats errants.
Au début, c’était un peu par hasard. « J’étais déjà maire adjointe à l’écologie et on m’a ajouté la délégation du bien-être animal » se remémore la présidente de l’association. Elle a donc aménagé un local et installé 7 points de nourrissage à travers la ville. Pour recueillir les vagabonds, l’élue mise sur les signalements faits par la population. Pas plus tard que dimanche dernier, elle a réussi à en attraper deux dans le jardin d’un particulier.
« On les appâte avec des trucs odorants comme du thon ou de la sardine, explique Sophie Chergui. Cela va faire un petit fumet qui les attire. » Ensuite, direction le vétérinaire afin de leur créer un carnet de santé en bonne et due forme. Même si SOS Matous de Chanteloup bénéficie de tarifs préférentiels, sa fondatrice a dépensé environ 160 000 euros de frais de santé en cinq ans. Pour continuer à subsister, elle se « rembourse » grâce aux adoptions. Sur les 150 chats recueillis chaque année, 100 arrivent à trouver preneurs.

Même si cela peut être chronophage – dès 6h30, elle s’en va remplir les gamelles des chats présents dans le local – Sophie Chergui estime que c’est avant tout de la volonté politique. « La Mairie me donne 2 000 euros par an de subventions. Avec ça, je fais déjà une petite dizaine de chats. C’est déjà mieux que rien » assène la présidente de l’association. Elle espère également une évolution de la part du législateur en rendant la stérilisation obligatoire : « La Belgique l’a fait. L’Espagne l’a fait ! » Une démarche importante puisque le comportement des chats pendant leur chaleur peut provoquer des abandons. « On m’a déjà appelé pour me dire qu’un mâle était devenu pas propre. Non, il fait pipi car c’est le comportement d’un chat pas castré » regrette-t-elle.
Elle met aussi en garde sur certaines pratiques. Par exemple, même si c’est interdit par la loi, des personnes essayent tout de même de donner gratuitement des chatons sur des sites comme Le bon coin : « C’est une arnaque sans nom. On s’est déjà fait passer pour des acheteurs et le chat n’est ni identifié, ni vacciné ni rien du tout et parfois dans un état… C’est aussi une cause d’abandon. »
Actuellement, SOS Matous de Chanteloup a en plus d’autres chats à fouetter. En effet, le terrain sur lequel se trouve le local a été vendu et il va falloir le déménager, ce qui empêche Sophie Chergui de dormir. Si elle recherche activement, l’élue lance donc un appel aux communes avoisinantes afin de trouver un nouveau refuge pour ces félidés.