Rafiu Salami, big boss des Mureaux et du Nigeria

L’entraîneur de l’équipe senior de handball des Mureaux s’occupe aussi de la sélection nationale du Nigeria. Pour ces deux équipes, Rafiu Salami mise sur les mêmes ingrédients : de la jeunesse, de la rigueur mais aussi du rire. Pour les emmener le plus haut possible.

Nous sommes à peine installés pour assister à la séance d’entraînement de l’AS Handball les Mureaux que l’un des joueurs, Hamza, nous interpelle : « Le coach, c’est une star ! ». À vrai dire, il n’a pas complètement tort. Quelle autre équipe se trouvant dans le championnat départemental des Yvelines peut se targuer d’avoir un sélectionneur national à sa tête ? De plus, Rafiu Sulu Salami– « Samy » pour les intimes – eut également une carrière honorable en tant que joueur. Il a porté les maillots du Zamalek (Egypte), d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) et de Belfort (Franche-Comté) et fut de la partie pour la seule et unique participation du Nigéria à un championnat du monde de handball en 1999.

Au début de la saison, Samy souhaitait juste donner un coup de main avec les jeunes du club. « J’ai dit à Valbon (Sadikoski, le président de l’AS Handball les Mureaux, Ndlr) que j’avais la CAN en janvier. Il m’a répondu pas de souci » explique le fan de Daniel Narcisse. Depuis, c’est 16 victoires en autant de match de Départemental 2 et une route bien tracée pour enchaîner une deuxième promotion de suite. Harouna, l’un de ses protégés, révèle le secret de cette invincibilité : « Ça fait deux ans qu’on gagne tout mais on avait besoin d’un plan de jeu carré. » Noé, son coéquipier renchérit. « Il m’a redonné goût au handball, c’est le meilleur entraîneur que j’ai eu » lâche-t-il en souriant.

Cela fait 5 ans que Rafiu Salami entraîne la sélection nigérianne.

Si la tactique est importante, la rigueur l’est tout autant. Durant les entraînements, il n’est pas donc pas rare de voir le Super Eagle (surnom de l’équipe du Nigeria) s’exaspérer quand ses joueurs ne respectent pas les consignes. Samy s’arme alors de son ardoise et de son feutre Velléda pour réexpliquer, en haussant plus ou moins le ton. Pas de fioritures non plus. Il faut d’abord maîtriser les bases avant de se permettre certains gri-gris. Pour les petits jeunes qui tentent – et ratent le plus souvent – des roucoulettes (tir consistant à donner à la balle un effet de rotation à l’aide du poignet), la sanction peut être plusieurs aller-retours de terrain. Toutefois, Rafiu n’oublie pas le plaisir et la bonne humeur. Capable de répondre « quoicoubeh », il accepte quelques vannes de la part de ses joueurs. « Il est très à l’écoute » révèle Noé.

Avec son groupe muriautin, il a comme objectif de les faire monter à l’échelon régional. Quant à sa sélection, c’est ni plus ni moins une deuxième participation à un championnat du monde qu’il vise. Les Nigérians ont d’ailleurs été à deux doigts de composter leur ticket pour celui de 2027 en Allemagne. Lors du championnat d’Afrique des Nations qui se déroulait au Rwanda du 21 janvier au 31 janvier 2026, les cinq premières places étaient qualificatives pour le mondial et les ouailles de Samy ont terminé… 6ème. « J’avais quelques absents et un groupe un peu moins fort mais collectivement ça a pris, analyse le coach. Là on a vu qu’on était proche et les joueurs prennent conscience de leur véritable potentiel. » Le rendez-vous est donc pris pour 2029 où une partie de la compétition se jouera… en France. « Ce serait un rêve de jouer contre les Bleus, ça reste une des meilleures équipes du monde » lâche Samy.